Arnauld Pontier
Littérature générale et imaginaire

Sur Mars - Récit de voyage

© Nicolas Chaudun






TOUTE LA PRESSE MARTIENNE EN PARLE !

Parution : 11 mars 2009

LE QUATRIEME DE COUVERTURE

Arnauld Pontier revient de la planète rouge. Oui. Il a marché sur Mars. En 2016.
Son journal de bord en est la preuve. Il détaille par le menu les mystères de cet astre frère sans les percer tout à fait. Comment le pourrait-il, du reste, alors que c'est la vie même qu'espère découvrir cette première mission humaine ?
Mais la vie, c'est d'abord celle de l'équipage, mixte, confiné, obnubilé par la routine et les consignes de sécurité.
Tout semble réglé comme un livre de comptes...

The journal of an adventurer who walks on the planet Mars in 2016.
He describes the Red Planet in terms of speculation and theories of writers and scientists over the years (Grant and Cutler Ltd.)


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 Revue de presse 

 

GALAXIES

N° 5 -  été 2009


C’est avec amusement, voire un brin de condescendance, que le fan de science-fiction considère généralement les incursions des auteurs mainstream dans son domaine de prédilection. Il faut dire que ces encanaillements littéraires ponctuels n’aboutissent le plus souvent qu’à la redécouverte de l’eau chaude et leur lecture conforte alors les a priori négatifs.

Autant le dire tout de suite, Arnauld Pontier n’est pas de ces écrivains au pied tendre qui partent à la conquête des nouvelles Amériques, tels ces randonneurs improvisés, chaussés de tongs, se lançant à l’assaut de balades copieusement balisées et réputées faciles. C’est même d’un talon assuré qu’il foule la poussière rouge du sol martien. Il sait, visiblement, l’exigence des contrées qu’il aborde, et le fait donc avec une manière d’humilité témoignant d’un profond respect pour le genre et l’exercice.

Arnauld Pontier connaît Mars, la vraie et l’autre aussi, celle des générations d’imaginatifs ont réinventée – ce récit de voyage en terre rouge leur rend hommage.

Crédibilisé par un solide bagage technique et scientifique, ce journal de bord d’un membre du premier vol habité vers Mars est enrichi par la maîtrise d’une prose où l’introspection prime sur un événementiel scrupuleusement confondu avec le programme de la mission. Le style dépouillé dit parfaitement l’aride beauté des étendues martiennes et l’état d’esprit du narrateur. La restitution appliquée des étapes de l’implantation trahit un sens élevé de la responsabilité mais aussi la peur qui guette, et dessine en négatif le fantôme de solitude et de déracinement tapi dans l’âme de l’explorateur. Un explorateur qui marche sur un fil, entre émerveillement et effroi, investi de l’espoir des hommes d’ouvrir un nouveau monde.

Un livre contemplatif, empreint de nostalgie martienne et animé par un puissant désir de nouveau commencement.

Jonas Lenn

  


LE SOIR

7 août 2009


[...] Comme un irréductible, Arnauld Pontier revient à l'essence même de l'Odyssée : la première mission sur Mars. Dans Sur Mars - récit de voyage, il tient le journal de bord d'un des explorateurs martiens de 2016. D'une belle simplicité et d'une émotion intense. La lune, c'était il y a 40 ans, dit l'auteur. Il est temps d'aller sur Mars.

Jean-Claude Vantroyen


SCIENCE-FICTION MAGAZINE
N°64 - juillet/août 2009

S’il est un exercice littéraire difficile, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un cadre imaginaire, c’est bien le récit de voyage. Arnauld Pontier revient de la planète rouge. Il est un nouvel Armstrong pour un astre peut-être encore plus mythique que notre bonne vieille Lune. Nous sommes en 2016 et un homme va le plus simplement du monde nous rapporter dans son journal de voyage ses impressions sur un voyage, tout d’abord, qui comme on sait est souvent plus essentiel que la destinée.

Sans prétention mais au moyen d’un sens aigu de la perspective, l’auteur nous rapportera méticuleusement tous les sentiments qui sont les siens lors de cette odyssée silencieuse. Ses compagnons de voyage en double pour chaque tâche allouée, car dans l’espace il faut être remplaçable. Ensuite, ce qui est le plus touchant, c’est de voir cette culture populaire avec laquelle l’auteur nous parle de ce mythique astre rouge. D’emprunts aux Chroniques martiennes de Bradbury aux références épiques si typiques du roman feuilleton américain qu’on nommait encore science-fantasy (Barsoom d’Edgard Rice Burroughs), tout en passant par les grands classiques cinématographiques (La Guerre des mondes, etc.), voilà qu’Arnauld nous parle, mieux, nous transmet des climats, des senteurs. Et c’est là que le rêve martien commence à prendre réellement forme. Au jugé, puis de façon plus exemplifiée, l’auteur nous raconte alors cet astre sous les yeux de ceux qui tout au long de notre histoire culturelle n’ont eu de cesse de le rêver. Dejah Torris pourra apparaître pour certains comme quelque chose de bien abscons, quand pour d’autres elle sera celle qui à jamais incarnera cette princesse martienne, à mi chemin entre une adepte sadienne des sexualités interdites et une princesse qui attend à jamais le retour du bel Orphée.

Arnauld ne fait pourtant que relater des impressions que son voyage engendre dans ses déambulations éternellement nocturnes, ponctuées ça et là de réflexions très terre à terre, comme la nécessité du plaisir pour des adultes confinés dans le même espace des voyageurs. L’auteur rêve des atmosphères à partir d’un donné brut, et peu à peu s’installe dans les pensées de ses lecteurs des lieux communs, mieux une sentimentalité. C’est de cette « nostalgie de l’inconnu » qui touche si bien les mémoires qui ont su s’épancher par la voix d’un conteur sincère dont Arnauld nous relate l’histoire. Et c’est de cette histoire en attente d’universalité que nous raconte ce journal de bord comme d’une édification. Mais bien plus, quand Arnauld aborde la toponymie d’un lieu que jamais personne auparavant n’a foulé avant lui, il se met à poser une nouvelle correspondance secrète. N’hésitant pas à mettre en branle des étymologies très anciennes (Shalbatana Vallis qui en Akkadien signifierait Mars), il ne pose pas de frontière, d’étrangeté, d’inconnu, mais pose plutôt des ponts, des passerelles. A ces mots anciens, dont les hommes se sont servis, pour cartographier un monde inconnu, Arnauld y fait correspondre d’autres noms très anciens de notre histoire (Babylone, etc.) personnelle. Ainsi, aux topos géographiques d’un monde l’auteur y fera correspondre des topos romantiques. Car Mars c’est plus qu’une idée, c’est un rêve d’empire, ce far-west si revendiqué par la plume d’un Burroughs. Infantilisme conquérant, « sens of wonder », « wirldeness », l’auteur a bien compris là qu’il s’agit d’universalité, plus de barrière, plus de populismes arrêtés aux terres que définissent des frontières. L’américanité s’est ici mutée en un très sincère cosmopolitisme au service de l’homme et de ses rêves, ses dieux de mars et ses princesses en péril, ses sciences secrètes et ses bastions survolés de nefs en forme de chars de guerre.

Mais le rêve, même s’il a la part belle dans ce journal, n’est qu’une texture réconfortante pour apaiser les difficultés que vont endurer les voyageurs, entre les caprices d’un climat hostile et les lieux sur lesquels ils vont devoir naître à nouveau. Car si pour Armstrong fouler le sol lunaire était un grand pas pour l’humanité, pour Arnauld, fouler le sol rouge de cette terre guerrière, c’est comme une nouvelle naissance.

En achevant ce petit livre sans grande prétention, on sera alors assailli par un incroyable sentiment de joie, celui d’avoir partagé un voyage qui nous ressemble. Nous pourrons alors en déduire que nous tenons-là l’une des plus belles métaphores martiennes jamais écrite, puisque la référence envers le cycle de Barsoom et son héros, John Carter est plus qu’évidente. En franchissant les barrières dimensionnelles, John se retrouve sur Mars comme un étranger, un nouveau-né, et il en est de même pour ceux qui comme l’auteur vont habiter cette terre comme des nouveau-nés.

Ce livre, c’est le rêve que devraient emporter dans leurs bagages les futurs voyageurs qui tenteront un jour, qui sait, de marcher sur cet astre qui a fait voyager de si nombreux rêveurs immobiles, même si pour l’auteur, autre trait réaliste, les plus grands voyages demeurent physiques (c’est très américain, comme vision)…

Si cet ouvrage (roman naturaliste ?) plein d’humilité et de bon sens avait été publié aux Etats-Unis, il aurait pu sans aucun inconvénient décrocher un prix Hugo. C’est tout à l’honneur de son maître d’œuvre…

Emmanuel Collot

 

 

SCIFI-UNIVERSE

8 juin 2009

  

 
Une chronique martienne

 

Je fais ce premier pas avec maladresse. Comme si c’était mon premier pas d’enfant. Ma mère est devant moi, elle me tend les bras. Je lâche les barreaux de mon parc. Mon cœur bat fort. C’est fait. Je marche. En moi quelque chose se rompt. Je viens de concrétiser un rêve. Mais je viens aussi, du même coup, de le briser : tout est allé trop vite. Je n’ai pas fait ce pas comme je l’avais rêvé, comme il aurait fallu ; il a été trop maladroit. Je n’ai pas songé à le vivre assez et il est derrière moi.


Quand on fait une chose pour la première fois, cela fait toujours quelque chose, ça peut être grisant, excitant, ou encore décevant. Quand on est la première personne au monde à faire cette chose, il n’y a plus de doute, c’est une sensation unique, paradoxale, de solitude et de béatitude… C’est du moins ce que je me suis dit un soir d’adolescence en contemplant la Lune et en me rappelant qu’un jour de 1969, un homme fut le premier à y poser son pied.


Dès lors je jalouse Arnauld Pontier de cet ouvrage, car il devient grâce à sa prose, le premier homme à marcher sur Mars ! Mais c’est une chance, car il a la plume facile et va nous proposer de coucher son périple sur papier et de nous le livrer. Nous suivrons donc la route de l’équipe d’astronautes jusqu’à la Planète Rouge. Nous les y verrons établir une première base, assurer la mise en place de cultures hydroponiques, explorer les environs. S’observer et fantasmer sur d’interdites relations sexuelles entre membres de l’expédition. Le tout richement étayé de références scientifiques et SF que le lecteur prendra plaisir à aller vérifier en fin d’ouvrage dans les notes, références et autres annexes.


C’est sur la promesse d’un monde nouveau que se finira ce petit traité de voyages interstellaires.

Une lecture facile et agréable, et qui tient ses promesses par sa simplicité et sa souplesse. Bien entendu elle laissera sur leur faim les aficionados du genre, en effet ceux qui auront lu la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson n’auront qu’une envie (s’ils ont néanmoins le courage de digérer à nouveau le premier tome), se replonger dedans.

Thomas K.


KEEP WATCHING THE SKIES !

nº 62-63 - juillet 2009 

 

 

Curieux objet pour de la S.-F., et curieux livre pour de la littérature générale. C'est un petit objet, plus petit qu'un livre de poche, plus élégant aussi, ivoire plus que blanc, dont la couverture est illuminée par une typographie d'un orange soutenu et un disque de la même couleur, Mars bien entendu, avec ses reliefs et, en périphérie, une zone floue, comme une forme d'atmosphère. C'est un de ces petits livres précieux aux grandes marges, au texte comme une colonne de quotidien. Un bel objet, disons-le, comme nous n'en avons guère l'habitude ici. Rien que pour cela, l'éditeur mérite un coup de chapeau.


C'est aussi un récit sans histoire. Ou plutôt sans suspense identifiable, ni retournement, ni coup de théâtre. Loin de nos traditions nées du roman d'aventure. Le récit aplati de la première mission humaine sur Mars, sous forme de journal. Sans découverte sensationnelle, ni petit bonhomme vert, ni civilisation disparue, tout juste une atmosphère assez peu dense pour ne pas étonner, des matières premières des plus plausibles, les carcasses émouvantes des sondes antérieures. Sans catastrophe, ni tensions extraordinaires, ni drames, tout juste avec une opération rénale un peu délicate mais somme toute banale, et une histoire d'amour très en pointillé, plutôt unilatérale d'apparence, qui pourrait être plombée par quelque cynisme (stricto/stricto sensu), et dont il semble possible, sans nuire à l'intérêt de la lecture, de dévoiler qu'elle se finit par un baiser, dans une tradition plus qu'archaïque. L'amateur de naufrages, de découvertes, de courses contre la mort et de contacts du vingt-cinquième type, ou même de dilemme cornélien, de romantisme échevelé ou de marivaudage sous faible pesanteur, risque fort d'en être pour ses frais. Tant pis pour lui. C'est raconté. Point.

D'une certaine façon, c'est aussi le degré zéro de la divulgation scientifique, même si, encore qu'aux antipodes de toute esbroufe, cela soit loin d'être le degré zéro du style. Et la littérature générale pointe plus que son nez, ramène plus que sa fraise, avec le personnage principal, ses souvenirs d'enfance, l'ombre de son père, graveur amateur sans doute tué par les poussières de cuivre et les vapeurs d'acide… Reste que le “degré zéro de la divulgation scientifique” a son charme et mérite lui aussi un coup de chapeau ; que les souvenirs d'expéditions automatiques antérieures sont des petites madeleines pour tous ceux (qui commencent à vieillir) dont le goût pour la S.-F. a été amplifié par l'actualité d'une conquête de l'espace pas encore condamnée à tourner court ; que les références sont précises sans être pesantes, d'un strict réalisme sans didactisme abusif. Et que les amateurs de didactisme seront satisfaits par des annexes techniques (sur Mars et sur les missions antérieures, des échecs soviétiques de 1960 aux programmes américain, japonais, européen, programmés (on l'espère) pour 2010, 2013, 2014). Et satisfaits aussi par un minimum de bibliographie assez récente, et par diverses notes (seul bémol, tout de même, tant qu'à faire jouer les charmes de l'édition à l'ancienne, les dites notes auraient pu être en bas de page, rompant avec les superstitions récentes propagées par des éditeurs échappés d'écoles de commerce, aussi analphabètes qu'un politicien français d'origine neuilléenne, et persuadés que les dites notes de bas de page constituent autant de porte-malheur faisant fuir un public condamné de ce fait à tourner frénétiquement des pages pour trouver des commentaires ou des explications dont l'utilité varie selon les connaissances ou les curiosités de chacun. Fin de cette certes trop longue parenthèse).

Et malgré tout ce qui précède, ou à cause même de cela, il y a là quelque chose qui intéressera étrangement l'amateur de S.-F. Peut-être parce qu'il s'agit en quelque sorte d'un très oxymorique « steampunk d'anticipation » : à l'aune de la S.-F., une anticipation technique à sept ans d'échéance a forcément quelque chose de rétrofuturiste. Peut-être aussi parce que l'auteur connaît manifestement la S.-F., et l'apprécie. Sous toutes ses formes. En incluant une bibliographie (romans) qui va de Wells et Flammarion aux Belmas et à Eschbach, en passant par Dick, Robinson, Bear ou Baxter. En y ajoutant une filmographie brève, six références de la Guerre des mondes de 1953 à celle de 2005, mais pertinente. Et complétée dans le texte et les notes, par quelques autres titres, Lost in space ou Armageddon. Ou Matrix. En évoquant le souvenir de bandes dessinées “petit format”, Meteor, Cosmos et autres Atom kid, et des Voyages extraordinaires, cuvée 1935. Et un Galaxy de 1958. Plus Tintin, bien entendu. En évoquant les ascenseurs spatiaux et en renvoyant à Clarke. En saluant Roland Lehoucq. En casant des allusions à Stapledon, à Ballard, à Borges, mélangées avec d'autres, assez différentes et pourtant de même facture, à l'Atlantide de Pierre Benoit, au Racine de Phèdre, à Pierre Loti ou à Bertolucci… Bref, de quoi établir une complicité avec n'importe quel lecteur de KWS, ce me semble.

Autant dire qu'entre cette complicité potentielle, l'élégance de l'objet et de l'écriture, le plaisir de la lecture, l'étrangeté du propos (et le fait paradoxal mais évident que c'est la quotidienneté, la normalité, qui constitue[nt] la base de cette étrangeté), il serait bien dommage de passer à côté de ce livre. Ce qui pourrait bien arriver, et pas seulement à cause de son format inusité. Avis, donc, aux esprits curieux : il doit bien en rester…

Eric Vial


Egalement cité par QUARANTE-DEUX.ORG


ASTRONOMIE MAGAZINE
Juin 2009

A l'image de ceux que l'on trouve souvent dans les librairies pour la France ou le reste du monde, voici le carnet de voyage d'un des premiers hommes en partance pour Mars, en 2016. Impressions couchées sur le papier durant deux années de voyage et de mission, mêlant réflexions sur le sens de la vie et sentiments personnels. L'idée était bonne mais le texte vraiment trop vite lu !

CS

LIBERATION
18 mai 2009


Ce journal de bord d'une expédition sans précédent pourrait avoir été trouvé un siècle plus tard. C'est l'attrait de ce petit livre, où la voix du narrateur paraît fixée dans un passé lointain.
Pourtant, il raconte son voyage sur Mars en 2016. Le 10 avril de cette année-là, six astronautes s'entassent comme des sardines dans la capsule Orion en haut d'une immense fusée. Ils partent conquérir en piétons la planète rouge, bel écho aux pulps de la tendre enfance du narrateur.

Sur Mars, le quotidien est rythmé par les repas, les tâches à effectuer pour les prochaines missions et les tempêtes solaires. 'Je ne trouverai pas d'eau sur Mars -- c'est une autre équipe qui la trouvera, au fond d'un gouffre.' Mais cette découverte-là lui paraîtra mineure au regard d'une autre trouvaille...

François Rivière

NOOSFERE
21 mars 2009

Très curieux et très intéressant ouvrage que ce petit volume élégant publié chez l'éditeur Nicolas Chaudun, au sein de la collection Phileas Fogg destinée à accueillir des récits de voyage. Et c'est bien ce dont il est question ici, mais d'un voyage d'un genre quelque peu particulier : sur Mars !

Car Arnauld Pontier est allé sur Mars. Et il en est revenu. Aussi, pour faire partager ses émotions, il a décidé de publier son journal intime de ce périple. Émotions, mais aussi rigueur, puisque le narrateur est un scientifique, membre de la première expédition qui atterrira sur Mars. Elle a pour mission de créer un certain nombre de camps pour l'observation de la planète rouge, et de mener quelques expériences. Pour le narrateur, c'est aussi une quête personnelle, un hommage rendu à son père, sculpteur ; c'est au tour de son fils de prendre le relais, en façonnant l'avenir de l'humanité par le biais de cette campagne martienne.

Le journal est dès lors un mélange d'envolées poétiques, sur l'exploration spatiale, la place de l'homme dans son univers, et son avenir... et de considérations très hard science crédibles et parfaitement assumées par l'auteur. C'est de ce subtil amalgame poético-scientifique que naît tout le charme de ce roman totalement habité par un intense souffle de découverte.

Sur l’aspect hard science, l’auteur complète son ouvrage de nombreuses notes et informations culturelles et techniques ; certaines feront d’ailleurs sourire l’amateur de SF – comme préciser ce qu’est Matrix, ou les références à Bradbury ou Clarke – mais il ne faut pas oublier que, le livre étant publié chez un éditeur généraliste, le lecteur n’a pas nécessairement toutes ces références. On sent à la lecture de ces notes toute la passion que voue le romancier à la planète rouge, et cela donne comme un cachet de véracité à ce qui est raconté ici : oui, Arnauld Pontier est bien allé sur Mars, le veinard.

Dépouillé à l’extrême – le roman fait moins de 150 pages – Sur Mars est ainsi une très belle surprise, un livre qu’on n’attendait pas mais qui saura procurer un grand plaisir de lecture, et qui place d’emblée Arnauld Pontier sur la liste des auteurs à suivre de près. Le fait qu’il soit publié en collection non spécialisée risque de le priver de nombreux lecteurs potentiels, aussi, si vous lisez cette critique, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenus !

Bruno Para


LA CLEF D'ARGENT
03 mars 2009

À première vue, Sur Mars, récit de voyage a tout du récit de SF écrit par un auteur généraliste (on dit aussi mainstream). À voir cette couverture sobre et élégante, cette mise en pages oblongue sur papier ivoire relié en cahiers cousus, à découvrir au fil des pages les notations en apparence nombrilistes du narrateur, on pourrait facilement imaginer qu'on a affaire une fois de plus à l'œuvre d'un écrivain qui n'aborde la SF que par jeu, avec distance et sans doute un peu d'ironie. On craint vaguement la fable philosophique. Encore un, s'apprête-t-on à penser, qui ambitionne naturellement sous ce prétexte de faire bien plus que de l'anticipation, bien d’avantage que de la perspective romancée...

On pourrait penser cela, mais ce serait injustement réducteur, car à lire pour de bon ce court roman d'un peu plus de cent mille signes, on se rend compte que ce récit de voyage finalement très intérieur, où chaque pas sur la planète rouge est l'occasion de réminiscences intimes ou d'associations d'idées à la pertinence épatante ; que ce récit, donc, s'enracine en fait dans un imaginaire scientifique et culturel que partagent désormais tous les lecteurs, qu'ils pratiquent assidûment la SF ou pas. Les interrogations qui agitent le narrateur rejoignent très directement celles de ces personnages de SF qui nous font souvent dire que la SF contemporaine a encore des choses à dire. « Il y a quelques chose de surnaturel dans la rencontre avec un objet du passé -- qu'il s'agisse d'un objet issu de sa propre vie ou de son patrimoine », songe par exemple le narrateur en apercevant le mât d'antenne de la sonde américaine Viking I. N'est-ce pas là le constat de toute une vie, celui que fait Michel, le personnage inoubliable de psy français de la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson ?

Non, vraiment, le puriste de la SF aurait tort de bouder ce récit  universel qui le renverra, par des chemins, certes un peu détournés, aux meilleures pages de ses romans d'élection. Et le lecteur qui, depuis toujours, se détourne par principe de la SF trouvera là une excellente occasion de se familiariser avec un genre qui lui réserve quelques bonnes surprises.

De nombreuses notes, une bibliographie et différents documents complètent utilement le récit [...] D'un point de vue purement matériel, on se félicitera de tenir entre ses mains un livre dont les marges généreuses permettent de lire une page d'une traite, sans avoir à bouger ses pouces. C'est un détail, mais il a son importance. [...]

Sur Mars, récit de voyage : une expérience à tenter, qu'on aime la SF ou pas. Ce n'est pas si courant.

Philippe Gindre


Mais aussi...

LE MONDE DE L'IMAGINAIRE - Radio SF
20 mars 2009
Une émission proposée par Xheno


L'ECRIVAIN VOYAGEUR
Avril 2009


 L'avis des internautes 

 

BABELIO
28 septembre 2017

J'ai adoré ce récit à la fois très poétique et parfaitement maîtrisé dans sa forme;

J'y ai apprécié de très intelligentes insertions d'images liées à l'enfance dans le début du récit, et reprises tout au long du texte pour partager la « jeunesse » et l'ingénuité du narrateur: des références à Hergé avec Objectif Lune, les boîtes de collections de souvenirs, les couvertures de magazines que l'on a tous vu une fois dans sa vie, les citations d'auteurs de littérature classique que l'on lit dans sa jeunesse. Cela génère une banque d'images basées sur des connaissances collectives, des références communes, et ainsi permet des descriptions qui s'ancrent dans un imaginaire parfaitement maîtrisé et « tenu en laisse » ; on ne part ainsi jamais vraiment dans de l'imagination pure ou de l'imaginaire type SF.
Les jeux de couleurs, de descriptions sont d'une incroyable richesse et l'on visualise les paysages martiens avec un mélange de précisions scientifiques et de poésie.

De plus, le fait d'avoir basé le récit sur un journal de bord créé un texte totalement immersif et l'on sort de ce roman en ayant le sentiment d'avoir passé le voyage sur Mars avec le narrateur, comme cela aurait du se faire si la mission n'avait pas été annulée, comme on a tous rêvé de le faire quand on était petit.

Avec ce journal de bord, Arnauld réussit à nous faire vivre cette exploration par toutes les phases que traverse le narrateur depuis le fantasme jusqu'aux désillusions de ce que l'on a trop fantasmé: la rigueur de cette vie, les tâches rébarbatives, l'isolement, la déshumanisation, l'insignifiance de l'homme au regard de la création. On se questionne avec lui quant au sens de la vie et de nos propres créations.

C'est un roman initiatique également: si l'on perçoit les souvenirs de l'enfance dans les premières pages, c'est réellement par son voyage que notre personnage va perdre ses rêves et fantasmes pour se heurter à la réalité jusqu'à revenir débarrassé de son ancienne peau et homme à part entière ( l'Epandex a eu pour moi cet effet peau neuve qu'on attend impatiemment qu'il utilise enfin). Il va en effet progressivement laisser derrière lui les rêves qu'il avait emportés avec lui, tel le grattoir de son père. On assiste à sa venue au monde sur Mars dans un carcan de scaphandre, et ses premiers pas maladroits, aussi bien sur la planète elle-même que dans ses relations avec le reste de l'équipage, la découverte lente de cette planète par ses propres yeux au rythme d'une routine et de devoirs contraignants, jusqu'au dépassement de ces simples actions et la sensation d'avoir achevé, d'avoir créé, d'avoir permis la vie ; de l'avoir vécue.

C'était ma première uchronie SF et je ne peux que féliciter le travail de recherches immense d'Arnauld. le travail de recherche qui rend compte de ce que l'on sait être (sans le savoir à ce point dans le détail) une mission spatiale, l'intelligence des explications apportées en notes, mais également les références littéraires qui font de cette novella une petite pépite de poésie, d'introspection et de rêves mêlés.

Il est amusant de lire ce texte en 2017 alors que le futur évoqué (22 avril 2018, date de retour et fin de la mission) ne se situe aujourd'hui qu'à dans 6 mois ! 

Mathilde Chau

02 mars 2016

En effet, cet écrivain à la plume alerte et poétique s'était absenté... Il était parti sur Mars !
Et comme il aime à partager ses émotions, ses ressentis et ses bonheurs, il a rédigé pour nous le journal intime de ce premier périple sur la planète rouge.

Ce livre est une réussite ; très documenté et instructif, il ne fait pas pour autant l'impasse sur les relations qui s'instaure entre les différents membres de l'expédition.    

Danieljan

 

AMAZON
13 avril 2015

Je vous vois déjà venir avec vos « Non mais on s’en fout de ça, nous c’est de la SFFF qu’on veut ! » et ben c’est bien ce que je vous propose. Oui oui les amis, il s’agit bel et bien d’un récit de voyage, ça c’est on ne peut plus sûr. Mais pas n’importe quel récit de voyage, c’est celui d'Arnauld Pontier sur Mars en 2016 ! C’est en discutant avec Arnauld que celui-ci m’a orienté vers son récit et je l’en remercie car j’ai passé un très bon moment de lecture.

Le roman est assez court, 149 pages, il se lit très facilement et assez rapidement car très prenant, Arnauld Pontier nous transporte très vite sur Mars, à travers son périple sur la planète Rouge, ou bien devrais-je dire « Barsoom » pour les plus connaisseurs ?

Le récit commence par une jolie introduction, l’auteur nous raconte son histoire fictive de jeune garçon vers la fin des années 70, baignant dans la science-fiction, amoureux de Mars et des voyages spatiaux, à une époque où tout bouge, à une époque où les hommes visitent l’espace, marchent sur la Lune, etc. Nous retrouvons cet enfant, quelque quarante années plus tard, en 2016, devenu adulte et prêt à s’envoler pour la planète qu’il a tant convoité, qu’il a tant attendu de visiter. Ses premiers pas sur Mars, son rêve se réalise, et à travers son carnet de bord, l’on suit son aventure avec ses cinq compagnons.

Le récit se promène entre fiction, le voyage sur Mars, et réalité scientifique et historique, le contexte qui englobe l’histoire. L’auteur connait son sujet, les faits scientifiques qu’il avance, il y a un certain travail de recherche sur Mars et l’espace et il s’agit d’un travail sérieux permettant de donner cette véracité que possède l’histoire, agrémenté par les faits historiques sur la découverte spatiale ainsi que les maints clins d’œil aux classiques tels que Tintin, John Carter, le cinéma et la littérature SF. L’histoire est renforcée par la narration, les descriptions, les explications, conférant une existence à ce carnet de bord et à cette aventure.

En plus de cela, que ce soit de références culturelles, scientifiques ou historiques, l’auteur a parsemé le récit de petites notes que vous pouvez retrouver à la fin de l’histoire ainsi qu’une bibliographie et un dossier assez détaillé sur Mars et son exploration, les missions, etc.

Arnauld Pontier nous offre donc un très beau récit de voyage, assez particulier puisque appartenant au genre de l’imaginaire. Il nous dresse un portrait de la Planète Rouge à travers une histoire bien écrite, aux côtés poétiques, nous permettant de vivre avec lui ce périple en nous convaincant de la réalité de ce voyage. Et je ne peux que terminer en citant la phrase qui m’a le plus marqué et qui est en total accord avec ce que je pense de la science-fiction, « La science-fiction précède souvent la science ». Je ne peux que vous conseiller de lire cette histoire et de vous évader pendant quelques heures au-delà de nos frontières de notre monde visible à l’œil nu.

Valentin T.


FLYNSFFF
30 mai 2013

 Chrys semble nerveux. Il ne l'avouera pour rien au monde mais son regard fuit les nôtres. Sans protection, la dose de radiations - plusieurs sieverts - qui frappe le vaisseau nous tuerait. Mais ce n'est pas ce qui l'inquiète : ce qu'il craint, ce sont les géocroiseurs : les astéroïdes échappés de la ceinture jupitérienne, ceux qui, en une seule salve, il y a trois milliards neuf cents millions d'années ont fait de la Lune ce qu'elle est... Un gruyère.

Je vous vois déjà venir avec vos « Non mais on s’en fout de ça, nous c’est de la SFFF qu’on veut ! » et ben c’est bien ce que je vous propose. Oui, oui, les amis, il s’agit bel et bien d’un récit de voyage, ça c’est, on ne peut plus sûr. Mais pas n’importe quel récit de voyage, c’est celui d’Arnauld Pontier sur Mars en 2016 ! C’est en discutant avec Arnauld que celui-ci m’a orienté vers son récit et je l’en remercie car j’ai passé un très bon moment de lecture.

Le roman est assez court, 149 pages, il se lit très facilement et assez rapidement car très prenant, Arnauld Pontier nous transporte très vite sur Mars, à travers son périple sur la planète Rouge, ou bien devrais-je dire « Barsoom » pour les plus connaisseurs ?

Le récit commence par une jolie introduction, l’auteur nous raconte son histoire fictive de jeune garçon vers la fin des années 70, baignant dans la science-fiction, amoureux de Mars et des voyages spatiaux, à une époque où tout bouge, à une époque où les hommes visitent l’espace, marchent sur la Lune, etc. Nous retrouvons cet enfant, quelque quarante années plus tard, en 2016, devenu adulte et prêt à s’envoler pour la planète qu’il a tant convoité, qu’il a tant attendu de visiter. Ses premiers pas sur Mars, son rêve se réalise, et à travers son carnet de bord, l’on suit son aventure avec ses cinq compagnons.

Le récit se promène entre fiction, le voyage sur Mars, et réalité scientifique et historique, le contexte qui englobe l’histoire. L’auteur connaît son sujet, les faits scientifiques qu’il avance, il y a un certain travail de recherche sur Mars et l’espace et il s’agit d’un travail sérieux permettant de donner cette véracité que possède l’histoire, agrémenté par les faits historiques sur la découverte spatiale ainsi que les maints clins d’œil aux classiques tels que Tintin, John Carter, le cinéma et la littérature SF. L’histoire est renforcée par la narration, les descriptions, les explications, conférant une existence à ce carnet de bord et à cette aventure.

En plus de cela, que ce soit de références culturelles, scientifiques ou historiques, l’auteur a parsemé le récit de petites notes que vous pouvez retrouver à la fin de l’histoire ainsi qu’une bibliographie et un dossier assez détaillé sur Mars et son exploration, les missions, etc.

Arnauld Pontier nous offre donc un très beau récit de voyage, assez particulier puisque appartenant au genre de l’imaginaire. Il nous dresse un portrait de la Planète Rouge à travers une histoire bien écrite, aux côtés poétiques, nous permettant de vivre avec lui ce périple en nous convaincant de la réalité de ce voyage. Et je ne peux que terminer en citant la phrase qui m’a le plus marqué et qui est en total accord avec ce que je pense de la science-fiction, « La science-fiction précède souvent la science ». Je ne peux que vous conseiller de lire cette histoire et de vous évader pendant quelques heures au-delà de nos frontières de notre monde visible à l’œil nu.

Flynn


PLANETE SF
13 avril 2013

[...] Un roman, mais écrit comme un véritable récit (de voyage). Une jolie édition, et un texte court mais vraiment bien.

Flo


LE COIN DES LECTEURS SF
08 mars 2013

Il s'agit vraiment d'un récit de voyage, publié dans une collection appropriée [...] un court récit qui les plongera avec délicatesse dans le grand bain de la SF[...] C'es très bien écrit, sûrement travaillé à partir de documents précis (parcours, conditions climatiques, etc. décrits en détail). Et puis il y a l'interraction entre les personnages, le questionnement sur notre condition humaine. Lee bouquin n'a pas dû avoir un fort écho (même si, après l'avoir lu, j'ai découvert pas mal d'éloges sur le net), et c'est dommage. Faut suggérer à un éditeur spécialisé en SF sa réédition en poche !

Vogg

 

CULTURE SF
19 février 2013

Terminé le très bon Sur Mars d'Arnauld Pontier. Un récit de voyage dans la plus pure tradition des écrivains voyageurs. Belle écriture, vraiment, culture martienne (presque) irréprochable...

Un livre perdu chez un éditeur mainstream, qui méritait certainement une autre diffusion...

Kderre

 

ACTU SF
31 janvier 2013

150 pages très réussies - presque poétiques - sur la première expédition [sur Mars]. Je recommande.

Lulu


FICTION ET ASTRONAUTIQUE
12 février 2012

Un très joli livre, une très jolie écriture. J'en suis sortie séduite, avec une envie folle d'aller, moi aussi, sur Mars... pour y trouver l'amour.

Isabelle

SENSCRITIQUE


Journal de bord imaginaire d'un voyage vers Mars. On s'y croirait, l'auteur a visiblement fait énormément d'efforts pour donner de la crédibilité à son récit sans pour autant le noyer sous la froideur des considérations techniques. Il parvient très facilement a donner de la profondeur au personnage du narrateur auquel on s'attache rapidement.

La grande simplicité de l'écriture et l'originalité de la démarche en fond un petit ovni dans l'univers de la SF francophone. Tous ceux qui prévoient d'aller sur Mars un de ces jours doivent le lire.

Mosk - 22 septembre 2010


Un petit régal !

J'ai lu la critique de Mosk, alors j'ai eu envie de le lire. C'est un petit bijou qui m'a vraiment fait rêver. Bien écrit, joliment édité, à conseiller à celles et ceux qui boudent par principe la SF. J'espère que l'auteur repartira pour une autre planète et nous fera encore profiter...

Flore - 22 novembre 2010 

 

L'ANGE DU BIZARRE
LE BLOG DE JEAN-PIERRE DIONNET
12 août 2010

Mars et ça repart !

 

Comme je ne peux pas parler de tout, je vais aller vite sur certains livres pourtant indispensables, ce qui est bien dommage ; de plus il est vieux : plus d’un an !Le livre « Sur Mars, récit de voyage » de Arnauld Pontier est un journal de bord d’un voyage sur Mars. C’est factuel, précis, passionnant, humain comme du Heinlein même si cela a été écrit par un écrivain mainstream et actuel.

Il a son secret, simple : il sait tout : voir les notes techniques à la fin, précises, et une bibliographie des romans sur Mars en français assez complète, ainsi que sur les ouvrages sérieux d'écrits sur Mars, il y a même une filmographie assez complète.

Jean-Pierre Dionnet


LES PEUPLES DU SOLEIL
10 décembre 2009

Il est l'heure de s'enivrer !
Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps,
enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse !
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.

Baudelaire, "Enivrez-vous".

Je vais faire une confidence, qui n'étonnera sans doute personne : je lis tous les jours. Pas un jour sans ouvrir un livre, en tourner les pages, à m'abreuver de mots. Il y a un côté baudelairien à cet enivrement permanent mais ce n'est pas la question.

Mes lectures présentées sur ce blog sont retenues pour leur thématique (je suis loin de ne lire que des fictions mettant en scène des peuples précolombiens, je ne suis pas à ce point monomaniaque). Les livres que je lis proviennent le plus souvent de rencontres, de hasard. Pour ce qui concerne les fictions mettant en scène des peuples précolombiens, mon esprit est constamment en éveil, que j'arpente une brocante, rende visite à un ami bouquiniste, flâne dans une librairie... Quelques amis nourrissent aussi par leurs envois ma manie de collectionneur.

Ce n'est pourtant pas d'une fiction précolombienne que je vais vous entretenir aujourd'hui mais d'un récit de voyage vers Mars. Ah ! se dit l'amateur de science-fiction (pensant peut-être au trajet de L'Inca de Mars), Mouef se dit l'amateur de récit de voyage, encore des élucubrations, Bof se dit l'amateur de Littérature (la vraie de vraie avec un grand L) encore de la littérature de gare.

Eh bien tout le monde a faux.

Je pourrais bien sûr souligner combien le thème de ce blog est développé dans le roman d'Arnauld Pontier, relevant les passages où le narrateur parle des pistes de Nazca, du cosmonaute maya de Palenque (p. 14, ça vous fait deux références d'un coup), ou bien quand il mentionne les sphères précolombiennes du delta du Diquis découvertes dans la forêt du Costa Rica en 1930 (p. 117) ou encore quand il contemple sur Mars la sonde Viking I et se sent comme l'explorateur découvrant 'un temple inca dans une jungle impénétrable' (p. 129).

Dans ce cas, le tour de la question serait fait et le principal passé sous silence. Car le sujet de ce récit de voyage est assez éloigné du thème de ce blog.

Dans une interview donnée au site Mars & SF Arnauld Pontier explique pourquoi il a écrit cet ouvrage. L'auteur est un globe-trotter, dès son plus jeune âge il a vécu au Laos, en Algérie. Les éditions Nicolas Chaudun lui proposèrent d'écrire un récit de voyage : c'est donc un récit de voyage vers et sur Mars en 2016-2017. Pas de méchants Martiens, pas d'extraordinaires aventures mais le récit de la première expédition humaine (tout à fait humaine) vers la planète rouge qui hante notre inconscient collectif depuis que le rêve lunaire a été brisé/réalisé. Et c'est bien à cela que le narrateur est confronté : il a rêvé enfant, adolescent, jeune adulte de ce voyage vers Mars. La réalité est autre. Il n'est pas dans ces fascicules populaires dans lesquels apparaît Tintin, le vrai le premier, pas celui d'Hergé, celui de RM Nizerolles, né dans une première série en 1911-1913 et repris en 1935 dans Voyages extraordinaires d'un Petit Parisien dans la stratosphère, la lune et les planètes, ni dans ces bandes dessinées petit format Météor, Aventures Fiction, Sidéral ou Atom Kid. Non il est sur Mars et il travaille comme géologue. Et que l'on imagine pas ces multinationales que l'on trouve dans Moon 44. Non, un scientifique. De l'anticipation. Pas de la science-fiction au sens populaire du terme, pas du merveilleux scientifique. Le rêve de Mars, de ses habitants, de ses canaux, de ses satellites-bibliothèques meurt avec l'exploration comme la route de l'ouest vers les Indes est mort avec l'Amérique. Mais si du merveilleux : les paysages martiens, la rêverie de la possibilité du voyage, de l'exploration, la frontière de l'humanité repoussée. Et de la science, cette science qui a quelque chose de Jules Verne (qu'un essayiste qualifie de Poète de la science). 'Regarde de tous tes yeux, regarde !'

Et puis il y a le poids du scaphandre, des autres dans le monde confiné de Mars, le poids d'avoir à personnifier toute l'humanité qui pèse sur le narrateur. Et dans un phare du bout du système solaire, il découvre l'amour. Humain, profondément humain, le premier qui posa maladroitement le pied sur Mars... Le rêve n'est plus de parvenir sur Mars mais d'y installer une part de l'humanité. 'La science-fiction précède souvent la science' (p.57).

Férocias

Repris également par PAPERBLOG


CULTURE MARTIENNE
16 mai 2009

Ce très court roman ravira les amateurs d'aventures spatiales. Vous, lecteurs, qui regrettez peut-être de n'être pas encore nés pour voir se poser le premier homme sur la Lune, serez concernés et touchés par le récit de voyage de cet astronaute qui nous fait vivre à ses côtés son expérience martienne. Les autres comprendront.

Dans un style des plus épurés, Arnauld Pontier nous confie ses sentiments, ses sensations, ses rêves d'enfants qui se réalisent enfin. Car c'est lui qui est tiré au sort parmi l'équipage pour descendre le premier sur le sol rocheux de Mars. Un autre grand pas pour l'humanité est fait, trop vite, sûrement, mais gravé à jamais. Plusieurs tâches sont à réaliser afin de pouvoir accueillir les missions suivantes. Ce n'est pas sans danger, mais la cause est grande.

Arnauld Pontier nous offre une sorte de condensé de tout ce qui entoure son rêve martien. Réaliste à souhait dans son discours scientifique, sensible dans l'approche de son double, cultivé dans l'enrichissement de son texte qu'il entrecoupe de toute une culture populaire, littéraire, cinématographique qui a bercé son enfance et son adolescence. Autant de références qui l'ont forcément conforté dans la voie étoilée qu'il a prise.

Les amoureux de la planète rouge mais aussi des étoiles en général, seront émus à la lecture de ce texte. Ils se reconnaîtront dans ce livre, tourné vers l'avenir ; car s'il parle d'aventure et de rêve, il implique aussi le devenir de l'humanité et l'amour y a sa place. Tant mieux.

À lire sans aucune modération !

Erwelyn

Critique rééditée le 12 avril 2014 par le site  de la librairie SOLEIL VERT


MES IMAGINAIRES
26 avril 2009

Ne vous désolez pas de ne jamais avoir mis les pieds sur Mars : Arnauld Pontier y est allé et raconte dans ce court roman son périple de cinq cent quarante jours.

Tout commence pendant l'enfance, avec une fascination pour le ciel et la planète rouge. Puis la télé, les lectures, tout confirme la décision du narrateur : il sera le premier homme à fouler le sol martien (et le tirage au sort au moment fatal jouera en sa faveur). Préparation psychologique, entraînement physique, puis c'est le grand départ, en avril 2016.

Sur le mode d'un récit de voyage traditionnel (sujet de cette collection des éditions Nicolas Chaudun), Arnauld Pontier égraine ses impressions qu'il saupoudre d'une multitude de références science-fictives. Wells, Flammarion, Bradbury, Burroughs, Robinson, ils sont tous là ces pionniers de Mars dont l'imagination nourrit notre imaginaire depuis des décennies. Les amateurs de cinéma ne seront pas en reste non plus car Arnauld Pontier a tout lu et tout vu sur le sujet. Il n'oublie pas de fournir dans ses notes quelques données scientifiques qui éclaireront les plus néophytes.

J'aime beaucoup le style d'Arnauld Pontier, très poétique et dépouillé, comme en apesanteur. L'histoire elle-même n'est pas absolument passionnante, qui raconte l'implantation de plusieurs bases pour une terraformation à venir. Alors que, disons-le, la fin est ultra romantique, j'ai trouvé que les rapports entre les personnages (quatre hommes et deux femmes) étaient finalement assez peu abordés. On ne sait pas grand-chose de leurs rapports, amitiés et inimitiés, alors que la promiscuité est tout de même un élément majeur de cette mission. J'ai trouvé ça un peu dommage, car c'est un texte très agréable à lire, très bien documenté et qui mêle sans heurt réalité scientifique et imaginaire.

Sandrine Brugot Maillard

Critique également relayée par LECTURE/ECRITURE


LIBRAIRIE SOLEIL VERT
20 avril 2009

 Ce très court roman ravira les amateurs d'aventures spatiales. Vous, lecteurs, qui regrettez peut-être de n'être pas encore nés pour voir se poser le premier homme sur la Lune, serez concernés et touchés par le récit de voyage de cet astronaute qui nous fait vivre à ses côtés son expérience martienne. Les autres comprendront.

Dans un style des plus épurés, Arnauld Pontier nous confie ses sentiments, ses sensations, ses rêves d'enfant qui se réalisent enfin. Car c'est lui qui est tiré au sort parmi l'équipage pour descendre le premier sur le sol rocheux de Mars. Un autre grand pas pour l'humanité est fait, trop vite, sûrement, mais gravé à jamais. Plusieurs tâches sont à réaliser afin de pouvoir accueillir les missions suivantes. Ce n'est pas sans danger mais la cause est grande.

Arnauld Pontier nous offre une sorte de condensé de tout ce qui entoure son rêve martien. Réaliste à souhait dans son discours scientifique, sensible dans l'approche de son double, cultivé dans l'enrichissement de son texte qu'il entrecoupe de toute une culture populaire, littéraire, cinématographique qui a bercé son enfance et son adolescence. Autant de références qui l'ont forcément conforté dans la voie étoilée qu'il a prise.

Les amoureux de la planète rouge mais aussi des étoiles en général, seront émus à la lecture de ce texte. Ils se reconnaîtront dans ce livre, tourné vers l'avenir ; car s'il parle d'aventure et de rêve, il implique aussi le devenir de l'humanité et l'amour y a sa place. Tant mieux.

A lire sans aucune modération !

 

RUE DES LIVRES
 1er avril 2009

Arnauld Pontier revient sur terre... En effet, cet écrivain à la plume alerte et poétique s'était absenté. Il revient d'un long et lointain voyage. Monsieur Pontier était parti sur la planète rouge, Mars. Mais comme il aime à partager ses émotions, ses ressentis et ses bonheurs, il a rédigé pour nous son journal intime, précis et soigneusement préparé.

Le narrateur est un scientifique et donc les informations recueillies sont à son image: très documentées et issues d'observations fines. Il ne s'agit pas d'un voyage banal mais de la première expédition sur Mars.

Arnauld Pontier ne se refuse rien et il a raison puisque son dernier ouvrage est une véritable réussite.Très documenté et instructif, le livre n'en oublie pas moins les finesses humaines et les relations au sein de cette expédition.

Edité chez Nicolas Chaudun, ce petit ouvrage raffiné est un régal de simplicité et de beauté, et la subtilité des pages légèrement rosées ajoute une élégance supplémentaire au texte d'Arnauld Pontier, qui ne fait que confirmer son véritable talent d'écrivain.

Marie-Laure                           


MARS & SF
25 mars 2009

J'ai trouvé cet ouvrage sur la future conquête martienne trés agréable à lire.

Comme bref journal d'un astronaute propulsé vers son rêve d'adolescent, il n'a pas la lourdeur d'un roman américain et cette apparente légéreté ne dédaigne pas la science fiction puisque tout ce qui se rapporte à Mars y fait (forcement) référence.

De plus pour le novice il constitue une trés bonne introduction aux missions martiennes passées et futures, comme pour le lecteur plus averti une évocation réaliste des possibilités qui s'éloignent inexorablement, 2035 pour les plus optimistes. 

Jacques Garin


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 Le courrier des lecteurs 


[...] Je sais très peu parler d'un livre: je sais seulement me laisser guider par la force, la magie des mots [...] j'ai vraiment eu le sentiment, tout au long de ces pages, d'être allée, moi aussi, aussi loin [...] Par la manière que tu possèdes de te mettre dans la peau de ces personnages, si différents les uns des autres, de ces univers aussi divers, ces époques, tu arriveras toujours à nous surprendre.

Cécile F.  - 15 avril 2009

J'ai lu Sur Mars [...] tu m'as fait faire un étonnant voyage !

Sylvain L. - 3 septembre 2009

[...] Je l’ai lu avec une grande attention et un vif plaisir ! [...] Ecriture travaillée et calme, flirtant avec le désuet sans y succomber [...] Sur le plan « documentaire scientifique », suivi rigoureux du « state of the art » d’une mission martienne [...] Notes extrèmement riches et partant culturellement dans tous les (bons) sens [...] Ces trois pieds, ces trois socles, définissent le plan du livre. Comme un système audio à trois sources – le résultat est plus riche que la somme de ses parties. On pourrait presque parler de « geology-fiction » - la roche est d’ailleurs le premier sujet d’émerveillement du narrateur. Le lecteur partage.

François Landon - 4 octobre 2009

[...] Vous m'avez fait voyager... et rêver... Merci !

Caroline S. - 23 avril 2010



Et pour les sympathisants martiens, deux sites s'imposent : Mars & SF et Culture Martienne.