Arnauld Pontier
Littérature générale et imaginaire

Le Cimetière des anges

© Actes-Sud.

Parution : mars 2004

LE QUATRIEME DE COUVERTURE

C'est dans la boue et le sang d'une tranchée jonchée de cadavres que le père Faillard - prêtre tourmenté par le poids de sa mission et l'intransigeance de son Dieu - trouve un homme nu, miraculeusement indemne, qu'il ramène chez lui. Le survivant ne se rappelant rien, pas même son nom, l'abbé le baptise Adam et décide de prendre soin de lui cependant qu'Agnès, jeune protégée du prêtre, s'éprend de l'inconnu.

La guerre de 14 est ici la toile de fond apocalyptique d'un ardent combat entre la peur et la foi, l'orgueil et la pureté, le libre arbitre et la soumission. Dans un décor évoquant le cinéma expressionniste, Arnauld Pontier met sa plume exigeante au service d'une réflexion aussi peu manichéenne que surannée sur le bien et le mal et sur la responsabilité morale - et spirituelle - inhérente à l'amour.

La couverture est un détail d'une oeuvre de Léonor Fini, Voyageurs en repos (1978).


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 Revue de presse 

 

LIVRES HEBDO
25 février 2005 - N° 590

NOTRE PERE DES TRANCHEES

Un roman-parabole énigmatique, où Arnauld Pontier revisite la guerre de 14, dans sa boue et son horreur quotidienne.

Responsable éditorial depuis plus de dix ans de Paris-musées, Arnauld Pontier est un écrivain singulier qui a su jusqu'à présent, de roman en roman (Le Cimetière des anges étant son troisième), surprendre le lecteur par la diversité de son inspiration. La Fête impériale (Actes Sud, 2002), se voulait une fresque d'éducation libertine dans le Paris du second Empire, La Treizième cible (Actes Sud, 2003), livre très noir, contait le massacre d'une enfance dans la tourmente de la décolonisation, en Indochine et en Algérie. Le Cimetière des anges, s'il se situe également dans l'histoire (en l'occurrence vers la fin de la Première Guerre mondiale, dans les tranchées), se présente plutôt comme une parabole complexe, centrée sur un personnage, finement baptisé Adam, dont on ignore s'il est ange ou démon. Même un prêtre y perd son latin

Adam, donc, est un soldat retrouvé blessé, amnésique et nu, dans une tranchée, par le père Faillard, et recueilli par lui dans sa maison que tient une jeune fille, Agnès. Elle s'occupe du blessé, et tombe bien vite amoureuse de lui. Mais quels liens l'unissaient auparavant au prêtre ? Que faisait Adam avant de perdre la mémoire : n'était-il pas prêtre lui-même ? Et que vient faire dans cette histoire Hugo, un autre soldat blessé, qui ressemble trait pour trait à Adam ? Les paroissiens chuchotent et complotent. Adam retourne au front, où il se fait remarquer par son courage à secourir ses frères d'armes touchés, à les ressusciter, disent les uns, qui le surnomment "Notre-Père des tranchées". A prendre leur âme et à les damner, disent les autres. Ange ou démon, Adam ? Nul ne le saura jamais, tant Arnauld Pontier met de soin à noyer son roman dans une atmosphère de mystère mystique, dans des vapeurs d'encens - ou de soufre, c'est selon. "A Dieu. Qu'il aille au diable", est-il écrit en épigraphe. Adam aurait pu signer ces mots.

Arnauld Pontier, lui, signe un roman ambitieux, servi par une écriture exigeante, moins aisé à aborder que ses précédents, mais tout aussi intéressant.

Jean-Claude Perrier


LIRE 
Avril 2005 - N° 334

Un roman incisif au service d'un débat sur la foi entre un prêtre et l'inconnu recueilli sur le front.

Si vous sauvez un homme, sauvez-vous pour autant une âme, et vous appartient-elle ? Au Cimetière des anges, le chiendent de l'orgueil et de la possession pousse, dru, entre les tombes. Voici l'abbé Faillard, natif du Languedoc ; c'est un cœur tourmenté, qui a choisi l'ascèse, le dénuement, l'abnégation ; dans sa cellule, point de feu pour se chauffer : on lui a enseigné que la joie commence aux privations. Loin de sa lumière du Sud, perdu dans la boucherie de 14-18, entre décombres et ruines, il recueille au bord d'une tranchée de boue et de sang mêlés un inconnu, dénudé, grelottant. Ce jeune homme sans mémoire sait, tout de même, le latin et les prières. Plutôt que de le confier à l'hôpital militaire de fortune où s'entassent corps francs et fantassins, l'abbé garde auprès de lui le survivant et le baptise Adam, comme s'il s'agissait là du premier homme ; et qu'à partir de lui, peut-être, renaîtra enfin l'innocence originelle, loin du désordre et du chaos des massacres. Dans cette attente, couvert par l'écho sur le front proche d'une batterie de 420, le dialogue du prêtre et du moribond s'installe, conduisant ces deux hommes d'abord l'un vers l'autre, puis, ensemble, vers une lumière à double visage: celui d'Agnès, la servante aux chrysanthèmes, et celui d'Hugo, jeune soldat, sosie d'Adam, dont elle s'éprend.

Le chemin sera long, difficile, exigeant. Vers quelle félicité ? De la guerre ou de Dieu, qui sera, au final, le vainqueur ? La question de l'espérance, de la peur devant l'Éternel et son silence, de la foi mise à mal par les conflits politiques, sociaux ou intérieurs, de la déchéance embrase peu le monde du roman depuis Julien Green, Graham Greene ou Georges Bernanos. Il est beau qu'un écrivain d'aujourd'hui s'interroge, dans un envoûtant livre de mystère, d'une gravité ardente, sur notre prétendu libre arbitre, notre soif jamais étanchée de pureté, nos faiblesses d'égoïsme, notre refus de la réflexion au profit de la désinvolture et de l'insouciance quotidiennes. Arnauld Pontier, remarqué pour sa Treizième cible (Actes Sud, 2003), qui lui a valu le prix Marguerite-Yourcenar, n'écrit pas, comme celle-ci, dans un marbre intimidant. Son style ne craint pas les images violentes et baroques, précises, dérangeantes pour rappeler, comme l'a noté le patriarche Job dans son Livre, que « la vie n'est qu'un souffle ». Mais que ce souffle est tout, et qu'il ne faut pas se tromper dans son orientation.

Michel Grisolia

LE SPECTACLE DU MONDE
Avril 2005 - N° 511

LA GRANDE GUERRE - Au-delà du bien et du mal.

Tout à la fois histoire d'amour et de mort, parabole sur la place des hommes au regard de Dieu, Le Cimetière des anges, troisième roman d'Arnauld Pontier, saisit par son étrangeté et sa poésie.

« Autour de lui, tout n'était que décombres, déblais, ruines noircies et tuméfiées [...] La brume était comme un rideau qui l'aveuglait et semblait faire bouillir sa peau [...] Il crut deviner l'éclair d'un plumage sailli de ses épaules, comme si un gigantesque oiseau blanc, brusquement, se fut posé sur lui et aussitôt en allé. » Pour ce  troisième roman, Arnauld Pontier a plongé son intrigue dans les soubresauts tragiques et terrifiants de la guerre de 14-18. Son premier livre, La Fête impériale (Actes Sud, 2002), explorait la découverte de l’amour et du plaisir par un jeune provincial sous le second Empire ; son deuxième titre, La Treizième cible (Actes Sud, 2003), roman plus violent, plus personnel, déroulait, sur fond de guerre d’Algérie les conséquences de la vie d’un enfant marqué par la haine et l’indifférence de ses proches. Dans Le Cimetière des anges, nous sommes au cœur des tranchées jonchées de cadavres, au cœur d’un combat entre le bien et le mal. Entre Dieu et Satan.

Le père Faillard, prêtre tourmenté et profondément humain, vient de secourir un homme. Il l’a trouvé nu, miraculeusement indemne, au fond du lit d’un torrent, et l’a ramené chez lui. Le soldat a perdu la mémoire et le prêtre le baptise Adam « comme le premier des hommes ». Agnès, une jeune fille que le prêtre a, elle aussi, sauvée des décombres d’une maison, tombe amoureuse de l’inconnu.

Ce roman, d’une poésie brutale, aurait pu n’être qu’une simple réflexion sur les horreurs de la guerre, sur l’amour et la rédemption dans l’oubli. Pontier a préféré s’interroger sur le doute qui taraude les croyants, sur l’étrange dureté et l’intransigeance enfouies au cœur du christianisme. Il a pensé à ces poilus, catholiques pratiquants pour la plupart, que leur foi en Dieu soutenait, mais qui la perdirent après Verdun. Il a creusé cette notion du bien et du mal, entités inséparables, enchevêtrées, qui n’existeraient pas l’une sans l’autre. Ainsi, qui est donc Adam, cet être étrange devenu brancardier après sa convalescence et qui semble ressusciter les soldats morts au combat ? Oui, qui est-il, cet amnésique que les vivants ont surnommé « Notre Père des tranchées » tant ils se sentent invincibles à ses côtés ? Est-il  l’ange déchu se prenant pour Dieu, commettant dès lors le plus grands des péchés ? Et qui est donc Hugo, son sosie qu’il a sorti des griffes de la mort et qui monte au combat, tel Gabriel, l’archange victorieux, sans se soucier des hommes qui tombent autour de lui ? La guerre est une scène de théâtre sur laquelle Dieu et Satan s’affrontent, un temps durant lequel les créatures se font l’égal de leur Créateur. L’abbé Faillard, en relevant Adam et Agnès, ne s’est-il pas fourvoyé également ?

Roman humaniste et mystique, porté par une écriture belle et exigeante, Le Cimetière des anges se refuse à considérer l’humanité responsable de sa chute car le choix ne lui en a pas été donné. Et il est une chose susceptible de libérer l’homme de sa culpabilité et de sa soumission : être le garant de la vie de son prochain.

Raphaële Gaux

 

SITARTMAG
Avril 2005

Pères et fils, sur la terre comme au ciel...

Après un âpre bildungsroman en négatif, où la déliquescence d’un colonialisme moribond, entre Indochine et Algérie, épouse à la perfection la haine éprouvée pour le père, sentiment sur lequel se bâtit l'identité du narrateur, Arnauld Pontier signe un roman qui se joue à nouveau sur fond belliciste : le conflit guerrier, comme toute crise collective, permet de lever plus aisément le voile sur des cataclysmes intimes, les favorise aussi, autorisant rapprochements et mises en parallèle entre macrocosme et microcosme. Nul hasard si l'auteur s'est emparé ici de la Grande Guerre (comme l'a fait récemment Philippe Claudel), en s’en servant non dans une perspective historique objective mais comme révélateur de destins et d’excès individuels ; aussi, au premier abord, l'historicité du roman peut ne pas apparaître aussi essentielle que l'on pourrait le croire : on imagine presque le récit se déroulant près d'un front anonyme – il en resterait inchangé et conserverait toute son intense essence.

C'est ainsi l’atmosphère eschatologique inhérente à toute guerre – suite d’événements contre nature, propices à toutes les dérives humaines, et, comme ici, spirituelles – qui autorise l'auteur à relater la tourmente spirituelle d'un personnage, le père Faillard, écartelé entre une foi frisant le pathologique et un doute corrosif (mais il est fréquent que le second soit intrinsèque à la première). Le petit village où il vit, proche du front, a été évacué quelque temps auparavant, et abrite maintenant moins d'une dizaine d'habitants : la jeune Agnès, que le curé élève comme sa fille après l’avoir recueillie dans les ruines d'une maison, deux vieilles bigotes, un garde-chasse, un ancien « de la coloniale » (tiens...) et Albert, un jeune garçon dont les parents boulangers ont péri sous les décombres de leur fournil, après un tir d'obus ; ce dernier incarne la désespérance de tous les orphelins, tandis qu'il prend soin, sans relâche, de la tombe de ses parents : « Il pense au vide, sous la dalle. À ceux qui ne sont plus que des os, dans leur fournil, là-bas, auxquels s'accrochent encore une poignée de cheveux, un lambeau de chair rongée, une pelletée de farine rance. »

Un jour, le prêtre découvre parmi des cadavres encore frais un homme inconscient que les tirs ont épargné ; il ramène au presbytère le corps nu, intact. Un miraculé, au propre comme au figuré, au visage «d’archange», dépourvu d'identité et de souvenirs, un être vierge baptisé Adam par le curé démiurge (n'en déplaise à son dieu…) dès que l'homme se met à lui répondre en latin, voyant là la preuve indiscutable de l'existence divine : « l'homme se souvenait des répliques des catéchumènes. [...] C’était comme une musique glorieuse. Une céleste litanie. La preuve que l'horloge ne tourne pas sans horloger. » La présence d’Adam le rassure sur sa foi en perdition. Mais c'est un autre trouble que l'inconnu, tel un morceau d'argile malléable à souhait, fait naître dans le jeune coeur d’Agnès ; la jeune fille se sent prête pour l'amour « comme dans les contes », la révélation est soudaine : « au premier coup d'oeil, elle avait su qu'il était sien, que c'était lui qu'elle attendait dans ses rêves de jeune fille. […]  Lui, le premier homme. »

Le prêtre fabrique un homme nouveau et, endossant allègrement le rôle d’un Docteur Frankenstein versé dans le savoir théologique, pense ainsi atteindre une foi qui lui a toujours été refusée, alors qu'au nom de ce même dieu il subissait sans relâche mauvais traitements et brimades, se soumettait à la parole des hommes d'église de son enfance et de sa jeunesse ; Faillard n’en est pas à son coup d’essai, et il se souvient avoir recueilli Agnès, en des termes qui rappellent le sauvetage d’Adam : « Il l’avait ramassée, orpheline, dans les décombres d’une maison, évanouie, miraculeusement intacte. […]  C’était comme si elle venait de naître. » Paradoxalement, il croit sincèrement que le vacillement de sa foi est engendré par un indéfectible péché d’orgueil, que les châtiments infligés n’ont pu étouffer : « la marque des coups reçus brûlait encore dans sa mémoire comme autant de sillons inféconds  –  tremblements inertes de la chair meurtrie qui n'avait rien appris à être battue. [...] Jamais il n'avait atteint à la béatitude. » Dans son aveuglement (sa croyance en une fable divine qui, en définitive, ne vaut peut-être pas mieux que les rêves naïfs de sa protégée et ses tentatives pour lui aussi « accoucher » des âmes et des corps), il n'a pas conscience que son refus incarne l'éternelle fable de l’insoumission filiale, le désir pulsionnel de s’opposer puis de supplanter le père biologique ou symbolique, homme, dieu ou homme de dieu, dominateur omnipotent. La thématique oedipienne, quoique latente, imprègne le récit à plusieurs niveaux et s'inscrit en composante du doute qui s'empare de l'esprit quand les modèles s'effritent, quand la divinité semble avoir abandonné les humains qui périssent par milliers, dans la grande boucherie qui se déroule non loin du village.

On retrouve donc dans ce roman, de manière voilée, les motivations du jeune narrateur de La Treizième Cible, dont le but ultime était de détrôner un géniteur haïssable, voleur d’enfance, un père créateur abusant de sa créature, faisant dire à son fils : « je me disais que l'enfance, sans doute, devait servir à cela : de terrain de jeux pour les adultes. De dépotoir pour toutes leurs faiblesses et leurs incohérences. » Un dépotoir qui s'apparente, par analogie, au grand charnier des tranchées du Cimetière des anges… Ce parallélisme circule en profondeur et sous-tend les deux romans, mais Le Cimetière des anges, même s’il prolonge La Treizième Cible, n'est pas une redite et propose une interprétation plus onirique que psychiquement réaliste : parabole d'une dualité qui sépare irrémédiablement les hommes de leurs dieux, les enfants voulant s’affranchir de leurs pères… De la théologie à la psychanalyse, il n’y a qu'un pas.

Le mythe se répète lorsque Adam échappe à Faillard, prend sa place en allant porter secours, à son tour, à un blessé, son double, un frère soldat en danger qu’il a vu en songe ; angélique ou démoniaque, l’essence d’Adam paraît indéfinissable, et la question taraude le curé, et le lecteur ; car quand bien même l'inconnu aurait effacé de sa mémoire ses crimes passés, il les a cependant commis, comme tout homme appelé à devenir guerrier, et les actes si peu naturels qu’il accomplit plus tard dans les tranchées renversent l’ordre des choses.

Chaque scène, jusqu'au combat final (fantasmagorique et manichéen, se détournant de toute réalité référentielle), chaque combinatoire de mots, convoque à l'esprit l'idée d'une succession de précieuses révélations, d'intenses épiphanies littéraires, admirablement construites : l'écriture élégante et précise, empreinte d'une poésie obscure (relayée par l'attention particulière portée aux ombres et aux lueurs, habilement métaphoriques), complexe parfois, confère son épaisseur textuelle à un récit que l’auteur pousse lentement vers le fantastique, sans pour autant qu'on s'en étonne, le parsemant dès le début d’événements presque surnaturels – ne serait-ce qu’à travers la référence explicite aux anges, créatures fictives, purs esprits sans sexe défini, nés du fantasme humain, mais qui parfois trébuchent et chutent…

L'ambiguïté persiste, entre doute et foi, réalité et fiction, fantasme et raison, bien et mal… et les esprits rationalistes (ceux qui n’accordent foi qu’au doute… scientifique) ne pourront se satisfaire d’un dénouement où la transcendance spirituelle l'emporte, d'une certaine façon, sur l’immanence temporelle ; il est vrai que le roman est dédié à Dieu –  mais dans des termes qui nous laissent douter, justement : « A Dieu. Qu'il aille au diable. » Exergue devant se lire comme un défi lancé à l’instance supérieure (dont l’existence n’est donc pas niée) ou comme une tentative de l’auteur d’éradiquer le doute qui l’habite, en renversant les rôles et rapprochant les contraires ?

Blandine Longre

 

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
Avril 2005

 1917 : dans un village pratiquement déserté, le curé charitable, ascète tourmenté, ramène des tranchées toutes proches un soldat nu, inconscient. Il le baptise Adam, le soigne au presbytère avec l’aide d’Agnès, une orpheline qu’il recueillit tout enfant et éleva tendrement et pieusement. Au premier regard, la jeune fille tombe amoureuse du soldat. Lorsque celui-ci reprend enfin conscience, devenu amnésique, il recherche douloureusement son identité. Suivent des événements étonnants, des rencontres étranges, dans un climat onirique. Devenu brancardier, Adam semble faire des miracles, mais représente-t-il le Bien ou le Mal ? Le prêtre s’interroge sur ses étranges pouvoirs. Le retour d’Adam à la conscience, ses contradictions, son trouble sont exprimés avec la justesse déjà remarquée dans La Treizième Cible. La description des horreurs et absurdités de la guerre est bouleversante.

Les questions métaphysiques, très concrètement posées à des êtres plongés dans des circonstances tragiques, prennent une acuité extrême qui incite le lecteur à décrypter ces pages subtiles dont la résonance est profonde.

Egalement repris dans L'HEBDO DES NOTES 



TELE 7 JOURS
Lundi 2 mai 2005 - Programmes du 7 au 13 mai 2005

ROMANS - LE CHOIX D'OLIVIER BARROT

La Grande Guerre. L'abbé Faillard tombe sur un corps nu. Cet amnésique, il le baptise Adam, il le soigne. La jeune Agnès l'assiste et, peu à peu, s'éprend de l'inconnu. Qui, lui, se trouve un double exact en la personne de Hugo. Impressionnant roman de l'identité variable.


LE FIGARO MAGAZINE
28 mai 2005 - N° 528

 

 LES ENFANTS HUMILIES

Le prénom de l’auteur, le titre du livre et sa couverture sombre donnent au troisième roman d’Arnauld Pontier un je-ne-sais-quoi de janséniste. L’intrigue et les personnage renforcent cette impression générale que pas une page ne vient démentir jusqu’à la dernière. Curé de campagne à l’ancienne manière, le héros du Cimetière des anges a recueilli un moribond dans la boue et le sang d’une tranchée. La scène est en France, sous les orages d’acier de la Première Guerre mondiale. D’où vient ce miraculé ? C’est un homme à la mémoire trouée, avec qui tout s’est achevé et tout semble pouvoir recommencer. Il a tué pour ne pas être tué, il est temps maintenant de réapprendre à vivre.

Avec le baptême et le pardon de Dieu, l’abbé Faillard lui donne le nom d’Adam. Aux interrogations d’usage du missel romain, Adam répond avec une étonnante précision.

« L’homme se souvenait des répliques des catéchumènes. Il avait tout oublié mais pas cela. C’était comme une musique glorieuse. Une céleste litanie. La preuve que l’horloge ne tourne pas sans horloger. » Ensuite apparaît une touchante jeune fille, nouvelle Eve joliment dessinée par le romancier. Et des questions obsédantes sur le bien et le mal, le sens de la souffrance et de la peine des hommes. Tendrement, sans lenteur, Arnauld Pontier accorde un univers aux noirceurs bernanosiennes à une phrase au rythme claudélien. On dirait son livre écrit en noir et blanc.

Sébastien Lapaque


LE COURRIER  DE GENEVE
14 mai 2005

FRANCE  - Le dernier roman d’Arnauld Pontier revisite la place des hommes et de leur « Créateur »

DIEU A-T-IL CREE « LE CIMETIERE DES ANGES »

 

Si vous sauvez un homme, son âme vous appartient-elle ? Au Cimetière des anges, le chiendent de l’orgueil et de la possession pousse dru entre les tombes. Pour son troisième roman, Arnauld Pontier plonge son intrigue dans les soubresauts tragiques et terrifiants de la Première Guerre mondiale, au cœur des tranchées jonchées de cadavres. C’est là que règne le combat entre la peur et la foi sur une toile de fond apocalyptique.

 

Perdu dans cette boucherie, le père Faillard, prêtre tourmenté et profondément humain, recueille au bord d’un fossé un inconnu. Dénudé et grelottant, le survivant n’a plus aucun souvenir. L’abbé décide de garder auprès de lui le jeune homme et le baptise Adam, avec l’espoir que renaisse enfin l’innocence originelle, loin du désordre et du chaos des massacres. Dans cette attente, le dialogue du prêtre et du moribond s’installe, conduisant ces deux hommes d’abord l’un vers l’autre, puis, ensemble, vers une lumière à double visage : celui d’Agnès, la servante aux chrysanthèmes, et celui d’Hugo, jeune soldat, sosie d’Adam, dont elle s’éprend.

 

ANGE OU DEMON

Ce roman, d’une poésie brutale, aurait pu n’être qu’une simple réflexion sur les horreurs de la guerre, sur l’amour et la rédemption dans l’oubli. Arnauld Pontier a préféré s’interroger sur le doute qui taraude les croyants, sur l’étrange dureté et l’intransigeance enfouies au cœur du christianisme. Il a creusé cette notion du bien et du mal, entités inséparables, enchevêtrées, qui n’existeraient pas l’une sans l’autre.

 

Ainsi, qui est donc Adam, cet être étrange devenu brancardier après sa convalescence et qui semble ressusciter les soldats morts au combat ? Oui, qui est-il cet amnésique que les vivants ont surnommé « Notre Père des tranchées » tant ils se sentent invincibles à ses côtés ? Ange ou démon ? Nul ne le saura jamais, tant l’auteur met de soin à noyer son roman dans une atmosphère mystique, dans des vapeurs d’encens – ou de soufre, c’est selon. La guerre devient alors une scène de théâtre sur laquelle Dieu et Satan s’affrontent, un temps durant lequel les créatures se font l’égal de leur « Créateur ».

 

A BOUT DE SOUFFLE

 

Arnauld Pontier, remarqué pour La Treizième Cible (Actes Sud 2003), qui lui a valu le Prix Marguerite Yourcenar, décline également la question de l’espérance, de la peur devant l’Eternel et son silence, de la foi mise à mal par les conflits politiques, sociaux ou intérieurs. Chaque scène, jusqu’au combat final – fantasmagorique et manichéen, se détournant de toute réalité référentielle –, convoque à l’esprit l’idée d’une succession de précieuses révélations, d’intenses épiphanies littéraires, admirablement construites. Arnauld Pontier pousse lentement son récit vers le fantastique, le parsemant dès le début d’événements presque surnaturels – ne serait-ce qu’à travers la référence explicite aux anges, « créatures fictives, purs esprits, sans sexe défini, nés du fantasme humain, mais qui parfois trébuchent et chutent ».

 

L’ambiguïté persiste entre doute et foi, réalité et fiction, fantasme et raison… Et les esprits rationalistes ne pourront se satisfaire d’un dénouement où la transcendance spirituelle l’emporte, d’une certaine façon, sur l’immanence temporelle. Il est vrai que le roman est dédié à Dieu, mais dans des termes qui laissent douter : « A Dieu. Qu’il aille au diable. » Alors, Le Cimetière des anges : exergue devant se lire comme un défi lancé à l’instance supérieure ou tentative de l’auteur d’éradiquer le doute qui l’habite, en renversant les rôles et rapprochant les contraires ?

 

Miguel Otero


LE MONDE

Vendredi 1er juillet 2005


SOUS LE REGARD DE DIEU

Difficile de cerner Arnauld Pontier. En marge des textes qu'il destine aux plus jeunes, le responsable éditorial de Paris Musées a déjà signé deux romans, La Fête impériale, opus libertin joliment illustré (2002) et La Treizième Cible (2003), tableau d’une enfance sacrifiée par les jeux indignes des adultes. L’amour comme la haine ne suffisent plus à Pontier dont l’ambition se précise toujours plus. Ainsi, Le Cimetière des Anges n’est pas un énième roman sur la Grande Guerre, mais une plongée stupéfiante dans la partie de bras de fer que se livrent, dans l’horreur des tranchées, quand l’enfer « débord[e] sur la terre », Dieu et Diable.

Comme naguère la petite Agnès, orpheline recueillie « comme un petit chiot », le Père Faillard arrache à la mort un homme nu et amnésique qu’il baptise Adam. Ange ou démon, le rescapé dont Agnès s’éprend va rechercher et sauver un autre soldat, Hugo, qui lui ressemble trait pour trait. Dans un rougeoiement de fournaise – les forêts flambent et l’air sent le soufre –, le prêtre, vrillé depuis l’enfance par le doute, perd, plus encore que son latin, ses repères. Tempête dans les cœurs et les âmes, vertige de la damnation, face cachée du salut miraculeux, le propos joue du fantastique et du blasphème. Les grigris échouent à conjurer le sort, et le lecteur s’égare à décrypter cette fresque d’une force incandescente, dont la leçon se perd dans l’absurdité de la boucherie. Dieu et Satan aux abonnés absents, reste un cauchemar qui interdit le répit et une interrogation ouverte sur le libre arbitre. Et on s’inquiète. Que nous réservera le prochain Pontier ?

Philippe-Jean Catinchi


Mais aussi...

LA QUINZAINE LITTERAIRE
D'UNE QUINZAINE A L'AUTRE N° 894, du 16 au 28 février 2005
 

LA PRESSE DE LA MANCHE
Dimanche 23 octobre 2005

ASTELINE MAGAZINE
31 août 2006


FRANCE CULTURE
DU JOUR AU LENDEMAIN, du 20 avril 2005
Une émission d'Alain Veinstein


 L'avis des internautes 

 

UNIVERSITE DE GAND
2018

[…] Arnauld Pontier, chez qui le réalisme magique joue également sur l’identité dédoublée du protagoniste, confère à la thématique une toute autre fonction, plus allégorique.

Après avoir consacré le premier tiers du Cimetière des anges à une seule victime de guerre nommée Adam, Pontier fait surgir soudainement Hugo, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Adam. Le mystère s’accroît dans le chapitre où Adam rêve qu’il déclare mort son alter ego, « cet autre lui-même dont il ne percevait plus que rage et violence ». Tantôt Arnauld Pontier suggère qu’il s’agit d’un même personnage, tantôt il en fait deux hommes différents. Non seulement y a-t-il l’ambivalence entre Adam et Hugo, ce dernier semble lui-même un personnage double : les traits de son visage trahissent sa jeunesse tandis que « la transparence de ses paupières donnait à son regard une fixité d’homme ayant vu tant de choses qu’il ne pouvait plus fermer les yeux ». Ce n’est qu’au moment où Adam rejoint le front allemand pour aider l’ennemi que nous comprenons qu’Adam est l’opposé d’Hugo, qui, lui, continue à sauver les Français.

Fidèle à l’une des caractéristiques de la littérature fantastique et magico-réaliste, Pontier utilise le motif du double : un personnage constitue le pôle positif de l’identité et l’autre une entité maligne et perverse. Le Cimetière des anges se situe à califourchon entre le roman allégorique et le roman magico-réaliste. Le réalisme magique des personnages doubles se met ici au service d’une réflexion sur le bien et le mal en rapport avec la guerre.

[…] Chez Arnauld Pontier, les quêtes spirituelles de ses personnages conduisent à la question de savoir de quel côté du no man’s land se situent le bien et le mal. Dans le cas du Cimetière des anges, c’est un même religieux qui passe par une crise métaphysique : pour l’abbé Faillard, l’horreur de la Grande Guerre constitue l’ultime preuve que Dieu n’existe pas. Mais plus qu’auprès de Dieu, le personnage cherche la culpabilité du côté de l’homme qui est comme hanté par ses démons. Au front, ce nouvel « hâceldama », « toute l’humanité malade […] se purge. Au nom de la victoire ». Mais s’il y a un message à retenir du livre de Pontier, c’est bien qu’après une guerre comme celle de 14-18, la victoire est devenue impossible. Seul peut triompher le Mal. […] Le Cimetière des anges évoque la question du mal, mise en évidence chez Pontier par les nombreuses réflexions sur l’acte de tuer.

Comme le fait soupçonner son nom, Adam, le protagoniste de Pontier, incarne l’espoir de retrouver l’innocence. Mais contrairement à la première apparence, ce jeune homme doute lui-même de mériter la miséricorde de Dieu, se croyant « indigne d’avoir été sauvé ». Les annonces du côté mystérieux et noir d’Adam s’accumulent ensuite rapidement. Ce n’est qu’à la fin du roman que nous comprenons qu’Hugo représente le Bien, alors qu’Adam est l’incarnation du Mal.

Griet Theeten

Extrait de sa thèse, intitulée : « La Grande Guerre en fiction – La représentation de la Première Guerre mondiale dans la littérature française de l’extrême contemporain », Faculté de lettres de l’Université de Gand, Belgique. NB : on remarque qu'à plusieurs endroits de la thèse, notamment dans l'index des auteurs, mon prénom est erroné ("Laurent" au lieu d'Arnauld...)


BABELIO
03 juillet 2018

C'est un très beau texte, dont j'ai beaucoup aimé l'écriture. Ce n'est pas facile d'en parler. Cela se passe pendant la Première Guerre mondiale, sur le front, dans les tranchées. Le curé d'un village, situé à la lisière du front, va régulièrement sur le champ de bataille, pour aider les blessés à vivre ou à mourir.

Un jour, il récupère un homme entièrement nu, «traumatisé» et muet, mais pas blessé physiquement. Il le prénomme Adam, puisqu'il n'a plus d'identité. Et là le texte se complique et il n'est pas aisé d'en parler. La lecture n'est pas compliquée, mais c'est le raconter qui l'est.

C'est une histoire d'amour, mais aussi d'anges et de « démon », de religion et de foi, avec une pointe de fantastique ou de surnaturel. J'ai beaucoup aimé ce roman et comme beaucoup de livres des Editions Actes Sud, il a une très belle couverture.

Muriel T.

04 octobre 2017

J'avais lu de nombreuses nouvelles d'Arnauld, pas encore de roman, voilà qui est fait avec ce roman court de littérature générale (quoi que...) which takes place in the Great War.
Par où commencer ?

Ce livre me fait penser à un travail d'orfèvre : il n'y manque pas un mot, il n'y a pas un mot de trop, tous les mots sont bien choisis et à leur place. Et quels mots ! L'auteur a un style très riche, mais qui n'est jamais ampoulé, et il fait appel à des références qui montrent une érudition remarquable. De par le fait, ce livre s'adresse indéniablement à des lecteurs un minimum exigeants.

Le décor de ce village quasi désert échoué aux portes du front est admirablement décrit, tout en clair-obscur, avec une ambiance de fin du monde qui sied tellement bien à la fournaise que fut la Première guerre mondiale.

Parlons-en, d'ailleurs ! Ceux qui me connaissent savent à quel point ce sujet m'est cher (m'est chair ?)... Vous vous doutez donc que le moindre anachronisme, la moindre erreur m'aurait sauté à la figure tel un obus de 77. Eh bien là encore, carton plein : Arnauld Pontier semble incollable, distille les anecdotes avec un art consommé, elles font toujours mouche, et le bougre a même réussi à m'en apprendre encore un peu (si si, je vous jure !). C'est bien simple, on dirait qu'il y était, dans les tranchées.

Tu y étais Arnauld, hein ? Allez, avoue... Je m'en souviens, maintenant. On était côte-à-côte. Le même obus nous a tués. C'est pour ça que tu ne peux plus le relire. Merci pour ce livre, mon copain.

Patrice Quélard

PASSION DU LIVRE.COM

LE MESSAGE ECRIT DE L'AUTEUR du 15 mars 2005

 

Je ne crois pas. Je n’ai jamais cru. Enfant déjà je me disais que si dieu existait, il devait être méchant. Méchant comme les gourous de toutes ces sectes qui empuantissent le monde. Comment peut-on croire après l’horreur des catastrophes naturelles, des guerres (de religion ou non), du nazisme, des drames humains de chaque jour ? Écrire Le Cimetière des Anges, c’était pour moi, agnostique, une façon d’interroger cette incroyable croyance.

 

Le lieu idéal de cette interrogation, m’a semblé évident, parce que, sans doute, j’avais lu, à sa parution, le poignant petit recueil de lettres des combattants de 14-18 (Paroles de Poilus). Comment croire encore après Verdun ? Cette Première Guerre mondiale, c’était la dernière guerre au corps-à-corps, une guerre de l’attente, du froid, de l’ignoble, de la peur aussi, où les hommes ont eu le temps de penser, d’écrire... Et puis, j’avais lu avec passion Zola, d’Aurevilly et Bernanos ; la psalmodie de Claudel même questionnait l’intellectuel judéo-chrétien que, culturellement, je suis. Hasard, également ? Prendre, modestement, le relais de cette interrogation sur le Bien et le Mal s’est imposé après mes deux premiers romans (le premier, La Fête impériale, parlait de l’amour ; le deuxième, La Treizième cible, de la haine…).

 

 Le site reproduit également la critique faite dans le numéro du mois d'avril 2005 du magazine LIRE par Michel Grisolia.



AMAZON.COM
27 mai 2005



Par-delà le Bien et le Mal

Dieu existe-t-il ? Et si oui, comme le disait Nietzche, n'est-il pas fou ? Ne se joue-t-il pas de ses créatures : nous ? Ne s'amuse-t-il pas, même, avec son immortel diable - face obscure chargée des sales besognes ?

Dans un décor quasi-expressionniste (la guerre de 14/18), Arnauld Pontier renoue avec cette question du Bien et du Mal. Agnostique, assurément, la dédicace, bien qu'à double sens, l'affirme, il n'en interroge pas moins la croyance : son aveuglement, son humanisme ou sa barbarie, ses doutes...

Sur cet échiquier, chaque personnage à son rôle (Adam est le démon, Agnès, l'ange, Hugo, dieu) ou incarne une problèmatique (le doute pour le père Faillard, la vengeance pour Albert, la certitude pour le Grand Serge, l'intolérance pour les soeurs Pecquet, etc...)

C'est un très beau roman, profond, au style riche, envoûtant. Les amateurs de Bernanos, de Gracq, d'Aurevilly y devineront une indéniable filiation.
Je vais lire les précédents, c'est sûr.

Francis


FNAC.COM

30 mai 2005

Croire ou ne pas croire

Envoutant roman que ce livre au style précis et musical, au déroulement imparable, qui se déroule dans les tranchées de 14/18. Le Bien contre le Mal : dieu contre diable, et l'homme qui en fait les frais, avec ses doutes, ses espoirs - pauvre marionnette, pauvre diable même... Il fallait du culot pour aborder le thème de l'ange et du démon sur ce mode littéraire expressionniste, délaissé il faut bien le dire depuis fort longtemps. Un roman à conseiller aux croyants comme aux agnostiques !


LE JOURNAL DE LA CULTURE

N°15 - Juillet-août 2005


La guerre des tranchées n'a pas fini d'inspirer la littérature ! C'est dans la boue et les décombres que s’ouvre Le Cimetière des anges, le dernier roman d’Arnauld Pontier. Le père Faillard, un prêtre rongé par les exigences de la foi, recueille un homme nu et amnésique, qu’il rebaptise Adam. L’homme réapprend à vivre, s’éprend d’Agnès, la jeune protégée du prêtre, qui est la première femme qu’il voit, ayant tout oublié. Adam, à son tour, part recueillir un homme sur le front, un homme qui lui ressemble comme un frère… Le Cimetière des anges est un roman sombre qui traite, avec rigueur et concision, du péché et de la rédemption, de l’orgueil et de la foi. Arnauld Pontier, à qui l’on doit déjà La Fête impériale et La Treizième Cible, brosse un décor digne d’Abel Gance ou de Dreyer, dans un style flamboyant qui bat au rythme du canon, au rythme des souvenirs et des trous de mémoire, affluant au cerveau du jeune Adam. Un grand roman bref.

RUE DES LIVRES
26 juin 2006


Très beau roman. On lit en 'noir et blanc' ; c'est incroyable mais vrai. Moi qui suis passionné de Bernanos, je me suis régalé. Du vrai cinéma expressionniste. Et une très belle langue - presque un long poème épique -, malgré une histoire ficelée dans les règles. Dieu contre Diable dans les tranchées, voilà le menu de ce 'Cimetière' qui n'est sans doute que notre monde... Pauvre humanité.

Christian

Septembre 2007

 

J'étais partie pour parler de Marbre (son recueil de poésie) et je ne résiste pas à l'envie de mettre un mot sur tous ses livres ! Le Cimetière des Anges est sans doute le plus littéraire, le plus mystérieux. C'est une chanson de Geste, la queste d'un hypothètique Graâl. Une belle histoire d'amour aussi et une interrogation sur la condition humaine. Un livre qui mérite d'être relu, parce que son abord n'est pas des plus simples. Mais certains plaisirs se méritent, non ?


Marie


 Des coups de coeur... et des critiques 

 

MES LECTURES - le blog de Barbarella

[...] J'ai beaucoup aimé le style, ce qui m'a bien aidé à rester dans l'histoire. En effet, plus j'avançais dans ma lecture, moins je comprenais où j'allais, plus je me triturais les méninges [...]

CEDRICAMILLE - le blog de Camille

Lors de la Grande Guerre, un prêtre recueille un soldat agonisant. Ce roman nous met face au doute, à la foi, let à l'abus de pouvoir. Le prêtre se prend à créer un homme nouveau, Adam. Devenir Dieu, n'est-ce pas ce qui a fait de notre monde un charnier.

LE GRIMOIRE

Un roman centré sur le questionnement manichéen entre la foi et le doute, entre le péché et la pureté, entre le miracle et la manipulation.

LA MEUTE DES CHATS DE BIBLIOTHEQUE(S)

J'ai beaucoup aimé le style, ce qui m'a bien aidé à rester dans l'histoire.


 Le courrier des lecteurs 

 

Un très beau conte fantastique (enfin, moi je le classe comme ça), extrêmement bien écrit [...] J'ai passé un bon moment avec ce livre.

Jean-Christophe Chaumette - 10 juin 2013

Merci beaucoup pour ce Cimetière des anges, que je vais lire... à l'Ascension. J'avais déjà beaucoup aimé La Fête impériale.

Christophe Girard - 5 avril 2004

J'ai lu avec beaucoup de plaisir votre excellent ouvrage paru chez Actes Sud, Le Cimetière des anges. C'est un très bon roman, écrit avec beaucoup de force et de maîtrise - voilà un livre tout à fait réussi, très agréable à lire [...]

Joël B. - 23 novembre 2005

Merci à vous, Arnauld Pontier, pour votre très beau roman, Le Cimetière des anges. La vie, pour la majorité des humains est loin d'être tranquille.
Quel long et difficile parcours pour beaucoup. Comment s'élever au-dessus de toute cette mêlée ? Comment trouver, donner un sens à tout cela ?
Que manque-t-il donc à nos sociétés ? [...] Il ne s'agit pas, bien sûr, de détruire les immenses acquis des peuples modernes, mais peut-être de les faire cohabiter avec une réflexion plus poussée sur le spirituel.

Emmanuelle et Guy G. - 23 juin 2005

[...] C'est avec une immense émotion et un immense émerveillement que j'ai reçu hier votre émouvant cadeau. Comment vous dire mon immense merci...

Thérèse A. - 28 avril 2005

[...] Je me suis débattu comme j'ai pu, les pieds pris dans des chaînes tirées par le Diable du fond d'une faille ouverte sur le centre de la terre, pendant que mes cheveux s'étaient pris dans l'osier de la nacelle d'une mongolfière essayant de décoller.
Le bout du côté du Diable a cassé le premier, puis le second alors que le ballon avait déjà décollé depuis pas mal de temps, et j'ai atterri je ne sais où, à une certaine distance que je ne saurais évaluer... du Cimetière des Anges.
A votre lecture passionnante et redoutable.

Jean-Pierre Alet - 19 septembre 2007  

Avec Le Cimetière des anges, Dieu signe son arrêt de mort ou pire, se travestit en Diable pour brouiller les pistes boueuses et sanguinolantes de cet enfer absolu de la grande guerre.
Ici, on ne distingue plus le Bien du Mal, les deux flirtent avec un semblant d'humanité ou une cruelle indifférence sur les corps des vaincus, des cadavres déchiquetés et planifient déjà les prochains torpillages sanglants.
Dans ce décor d'Apocalypse, une figure frêle et forte à la fois, celle d'Agnès (angélique Agnès) illumine la noirceur.
Ecriture incandescente, symboliste, à la manière de Maeterlinck, Baudelaire mais aussi de Blaise Cendrars...
Décidément, Arnauld Pontier est un "sacré" écrivain... 

Françoise Sage - 24 septembre 2016