Arnauld Pontier
Littérature générale et imaginaire

Les enfants de Paradis

Parution 4 octobre 2022

LE QUATRIEME DE COUVERTURE

Au fond du cratère, assis, adossé à un monticule, se tenait les restes d’un être humanoïde de grande taille, enveloppé dans ce qui semblait être une combinaison spatiale. Une armure qui, dans sa partie supérieure, ressemblait à une broigne médièvale. Mais sous ce qui restait du plastron d’écailles, aucun corps ne subsistait. Ce qui était inhabituel, outre la taille de cet être – près de trois mètres – était la forme triangulaire de ce qui avait dû être un casque…

Cette extraordinaire découverte, près d’une base lunaire russe, va conduire à l’exploration d’une lointaine planète, aussitôt baptisée Paradis, qui, si elle s’avèrera parfaitement adaptée à la vie humaine, révèlera bien des surprises…

Sommes-nous seuls dans l’univers ? Existe-t-il d’autres civilisations compatibles avec la nôtre ? Où se situe la véritable liberté ? Ce sont quelques-unes des questions que pose ce planet-opera riche en rebondissements. Ce sera au commandant de l’Anterus, Mac Bain, à son équipe de scientifiques et à son étrange partenaire, la belle Irina Kheraskov, d’y répondre.


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LE GALION DES ETOILES
25 novembre 2022

« C'est une histoire étrange,
Peut-être même que c'est qu'un rêve »
comme le chante certain rappeur(1).

Car oui, voilà une histoire « étrange », je dirais même « agréablement étrange ».

Et le pire est que je serais bien incapable de dire où réside exactement son étrangeté tant elle possède de facettes étonnantes, véritable melting-pot de références et de clins d’œil, certains clairement affichés, d’autres plus discrets, ou encore ceux que le texte peut évoquer ou éveiller selon les envies et connaissances de chacun.

Personnellement, j’ai repensé à Les terres creuses de Moorcock, le cycle Le monde de la terre creuse d’Alain Paris, Pellucidar d’Edgar Rice Burroughs, les BD Les terres creuses des Schuiten, Les Terres creuses : bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires du regretté Joseph Altairac et de Guy Costes, etc., mais aussi à La faune de l’espace d’A.E. Van Vogt, Chanur de Carolyn J. Cherryh, 2001, l’odyssée de l’espace d’Arthur C. Clarke, les séries Babylon 5 ou Farscape, et tant d’autres encore que je ne puis citer, sauf à vous jeter dans un inventaire à la Prévert ce qui n’est pas le propos.

Or donc, ici, et bien que nous soyons sur la Lune, point de monolithe noir, mais un scaphandre gigantesque portant d’étranges inscriptions et surtout les coordonnées spatiales d’une planète paumée au fin fond de la galaxie (si ! si !). Détail, un navire a déjà été envoyé là-bas qui ne répond plus, ne donne plus le moindre signe de vie. Aussi, toutes les nations membres de la Fédération (150 états terrestres, une paille) et installées sur la Lune (i.e. capables de concevoir ou de participer à la conception de vaisseaux spatiaux) se réunissent et fabriquent un énorme engin, baptisé l’Antérus. S’y retrouvent Américains (avec la NASA, toujours vivace, tiens), Russes, Chinois, Japonais, et bien d’autres encore.

À leur tête, un certain Mac Bain(2) ahuri d’y être nommé Commandant sans rien avoir su de tout cela, mais propulsé là sans avoir le choix, par un patron qui ne délivre les informations qu’au compte-gouttes (ne pas dépasser la dose prescrite, s’il vous plaît), mais lance piques, remarques assassines et fumée de son vapocigare à tire-larigot (mais sans apprécier d’être moqué, lui). Détail important, une personne qui fascine et attire Mac Bain sera du voyage : la très douée et très particulière Irina(3) Kheraskov(4), dont l’humour et l’empathie sont aussi exubérants que les rires d’un bloc de marbre spécialement taillé pour recouvrir la tombe d’un ex-membre cacochyme du Politburo.

L’auteur prend le temps de poser décors et personnages autant que situations politiques et technologiques, avant de nous lancer dans l’espace et dans un long, très long voyage qui se résumera, heureusement pour nous, à quelques descriptions des périodes d’éveil dudit commandant. Voyage rapide aussi pour le reste des troupes qui dort profondément grâce à une technologie de mise en suspens. Et soudain voici la planète, baptisée « Paradis » sur l’idée d’Irina. Un paradis au goût d’abord amer, car il referme ses serres et son piège sur le navire et l’équipage, telle que le ferait une géante nepenthes vogelii (je vous autorise à utiliser Wikipédia, si et uniquement si vous ne connaissez pas cette gentille petite plante).

À partir de là, nous basculons dans un autre univers, improbable, fantasque et particulièrement mystérieux. Et, autant les trois premiers chapitres de l’aventure se veulent classiques et posés, autant cette seconde partie se révèle intrigante et par là même attirante ; ce qui fait qu’une fois abordée, je n’ai pu refermer le livre avant d’en atteindre le mot fin – psst : c’est une blague, le mot fin n’est pas écrit, mais comme il n’y a plus rien après la page 184, je me suis dit que c’était la fin.

Bien évidemment, impossible de vous révéler quoi que ce soit de cette aventure sans vous gâcher le plaisir. Pour ma part, le mien fut intense et « subjectivement » amplifié par quelques détails ; en effet, maître Arnauld Pontier a, comme moi, l’habitude de glisser des références et clins d’œil dans ses histoires, d’user d’expressions et de termes idiomatiques, d’ethnonymes et d’anthroponymes bien choisis. En clair, mille petites « choses » qui ajoutent du piment à ses phrases, autant qu’elles obligent à quelque gymnastique intellectuelle, nous évitant ainsi tout risque de dysmnésie durant la lecture.

J’avoue – même pas honte – qu’Irina – qui a suffisamment titillé ma curiosité pour que je devine sa situation avant qu’elle ne soit révélée – reste mon personnage préféré, que la faune m’a enchanté de par son tigre-sanglier – qui m’a fait songer à mes animaux mutants au cœur des Ajusteurs – et… je vous laisse profiter du reste.

Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas et, si vous ne l’avez pas, provoquez-la, vous vous en réjouirez, car Les enfants de Paradis (rien à voir évidemment avec le film de Marcel Carmé) est un petit plaisir SF, presque trop rapide tant il se lit facilement et vite.


Notes
(1)
 Laylow.

(2) Pas pu m’empêcher de penser à Ed McBain et au 87e district.
(3) Dérivé d’Irène ou Eirênê, une des Heures incarnant la « Paix ».
(4) Si vous ne connaissez pas, recherchez donc Mikhaïl Matveïevitch Kheraskov.

 

JC Gapdy

 

AU PAYS DES CAVE TROLLS
20 novembre 2022

 

J’ai découvert Arnauld Pontier avec Sur Mars aux Éditions 1115. Depuis, j’ai lu et beaucoup apprécié deux autres novellas de l’auteur. Son dernier roman, Les Enfants de Paradis vient de paraitre aux Éditions Ex Aequo dans la collection "Atlantèis". Je tiens à remercier l’auteur pour l’envoi de ce service de presse.

Dans le futur, l’homme a établi des bases sur la lune et Mars. Près d’une base lunaire, les restes d’un être humanoïde de grande taille dans une combinaison spatiale sont découverts. Cette trouvaille suscite de nombreuses questions, surtout que deux autres combinaisons sont trouvées. Sur chacune d’elle figure un texte et des coordonnées spatiales qui mènent à une exoplanète. Cette planète semble avoir toutes les conditions pour accueillir la vie humaine, et aussi de nombreux mystères. Le narrateur et commandant Mac Bain est désigné pour se rendre sur place à bord de l’Antérus pour une mission de reconnaissance. La mission est internationale et le voyage durera 20 ans pendant lesquels l’équipage sera en hyper-sommeil. L’arrivée sur la planète va être le début d’une aventure et de nombreuses découvertes.

Avec ce roman, Arnauld Pontier nous embarque dans un voyage aux confins de l’espace à la découverte d’une planète. Tous les ingrédients sont réunis pour prendre le lecteur; une planète mystérieuse, la quête de l’espace et d’un possible autre monde habitable, l’exploration de lieux inconnus. Franchement, Arnauld Pontier met des étoiles dans les yeux et on est très vite happé par cette histoire. Le roman ressemble aux récits de l’âge d’or de la Science-Fiction et a des tonalités un peu old school. Les descriptions de la planète sont minutieuses, on n’a aucun mal à visualiser les paysages ou les animaux présents. Le roman est d’ailleurs plus un planet opera qu’un space opera. La description de la planète ne prend toutefois pas le dessus sur l’aventure et le rythme du roman est palpitant.

Il peut presque se lire d’une traite car il est assez court (moins de 200 pages), presque trop court tant il y avait de possibilités pour l’approfondir et l’enrichir encore. Le roman est dense et laisse presque un goût de trop peu tant il fait rêver et propose un fabuleux voyage. L’auteur arrive à susciter tout du long la curiosité du lecteur en créant du suspense. Le roman a beau être court, il y a de nombreuses thématiques comme la liberté, les choix de vie, l’entraide, la tolérance et la place de l’humain dans l’univers.

Les Enfants de Paradis propose une aventure dans la veine des romans de l’âge d’or de la science-fiction, tout en portant des interrogations actuelles. L’histoire est remplie de positivisme et est particulièrement dépaysante, on se prend à rêver qu’un tel voyage soit bientôt possible.


LECTEURS.COM

Ca fait de bien de lire une bonne histoire. Simplement une bonne histoire, qui vous sort du quotidien, vous fait rêver. Ce Planet Opera (car tout se passe à l'intérieur d'une planète, Paradis) optimiste remplit parfaitement sa mission. Hommage à la SF de l'âge d'or - les années 80 - il en casse cependant certains codes, notamment s'agissant de la place accordée aux personnages féminins, ici en première ligne, qui s'agisse d'humaines ou d'ET... Bref, un roman qui se lit tout seul, bourré de clins d'œil à la littérature et au cinéma du genre (Star Trek...).
Et si ce n'est pas le premier (ni le dernier) livre de l'auteur que je lis, c'est certainement le plus "festif", le plus accessible. Pour tout lecteur, donc, y compris les plus jeunes.

Francis de Seine - 19 novembre 2022


BABELIO

 

Un ami, qui sait que je ne suis pas du tout branchée SF, m'a dit "tiens, lis ce livre, cela te réconciliera avec le genre". En effet, quelle belle surprise ! Envolés mes à priori, j'ai été scotchée du début à la fin par ces Enfants de Paradis dont l'écriture est percutante, très cinématographique. L'odyssée du commandant Mac Bain et de l'équipage de son vaisseau l'Antérus est un roman d'aventures qui se déroule sur une planète lointaine, Paradis. Une terre creuse aux centaines de cavernes à la végétation luxuriante, et peuplées d'humanoïdes un peu étranges mais finalement très touchants et sympathiques. Bref, un planet opera très original et réussi, bien au-delà d'un genre littéraire qui possède ses propres codes. Je soupçonne Arnauld Pontier de s'en servir comme toile de fond d' une réflexion presque philosophique sur notre rapport à la liberté, à la différence, à l'amour et l'amitié, à la mort aussi. Que dire d'autre ? Lisez-le !

Belgagirl - 16 novembre 2022


Tout d'abord je voudrais dire un mot sur la couverture [signée Michel Borderie], elle est juste magnifique et une fois que vous aurez lu le livre vous la trouverez parfaite, ça n'est pas une couverture lambda qui collerait à n'importe quel ouvrage, non elle n'est que pour Les enfants de Paradis.


La science-fiction est un genre de lecture que j'adore et je guettais la sortie de celui-ci depuis un bon moment.

Je n'ai pas été déçue. Dès les premières pages, le lecteur est happé par l'histoire. le narrateur, le commandant Mac Bain nous embarque à bord de l'Antérus pour une mission que je qualifierais de reconnaissance, d'approche d'une autre vie extraterrestre. C'est un vrai planet opera, on y trouve tous les ingrédients nécessaires pour que la mayonnaise prenne : une planète mystérieuse, un équipage échoué, une exploration de ce lieu inconnu (l'aventure va se dérouler du début à la fin sur cette dite planète). La façon dont le vaisseau et les personnes à bord ont vécu le déplacement n'est guère important.

J'ai donc fait la connaissance de nombreux protagonistes d'horizons divers avec des capacités différentes. Chacun(e) a son rôle. le voile va se lever au fur et à mesure de la lecture, des secrets seront mis à jour et de vieilles questions laissées en suspens vont enfin trouver leurs réponses.
Je ne vais pas raconter l'histoire car il n'y aurait plus de plaisir à dévorer ce roman, car c'est certain vous ne pouvez que le dévorer, sans en perdre une seule miette.

Les descriptions sont très fouillées, minutieuses, j'ai eu la sensation de faire partie de l'aventure et pas seulement en tant que lectrice. J'ai pu voir les couleurs, les lumières, sentir, observer le paysage tel que nous le conte l'auteur, visualiser les animaux, les lieux de vie, même les armes et les outils sont d'une netteté incroyable.

Arnauld Pontier dépeint parfaitement les personnages, tant physiquement que psychologiquement. L'auteur a créé tout un monde de diverses civilisations dont on suit l'évolution, les interactions. Les aspects sociologiques, anthropologiques scientifiques et économiques sont très bien traités.

La plume est ciselée, fluide, le rythme est vif, il n'y a aucun temps mort. J'ai savouré ce livre. J'y ai particulièrement apprécié l'ambiance, le réalisme de l'histoire même si c'est de la science-fiction, la précision avec laquelle l'auteur a imaginé cet univers.

Des thèmes importants sont abordés tels que la tolérance, l'entraide, l'amitié, l'amour, la liberté, le libre-arbitre et la place de l'être humain dans ce vaste cosmos, le tout saupoudré de nombreux rebondissements, de surprises, de joie et de larmes, sans oublier l'humour et l'autodérision (notamment du commandant Mac Bain).

Comme vous l'aurez compris c'est un roman addictif, un auteur talentueux, je ne sais pas si une suite est prévue, si c'est le cas je suis preneuse.

AuroreCarmon - 25 octobre 2022


Une très chouette lecture, remplie d'idées et de concepts aussi séduisants qu'enthousiasmants, pêchant uniquement par un regrettable manque d'ampleur. Il aurait sans doute fallu un peu plus de détails et de profondeur pour me séduire pleinement, mais l'essentiel de la mission est à mes yeux accomplie, grâce à l'élégance et la sensibilité de l'auteur qui permet d'émailler son récit de beaux moments suspendus.

Hâte d'en lire plus, dans cet univers ou dans un autre.

Laird_Fumble - 25 octobre 2022


L'un des meilleurs romans d'Arnauld Pontier. Un style toujours impeccable, des questions se posent page après page et donnent envie d'aller rapidement à la fin !

Une belle et étrange histoire d'amour...
Bref, une réussite, un livre qu'il faut absolument lire !

FPontier - 24 octobre 2022


LA GRANDE BIBLIOTHEQUE D'ANUDAR
09 novembre 2022

 

Dans un futur pas trop lointain, les nations de la Terre se sont unies en une fédération assez lâche dont l'essentiel des activités collectives tourne autour du voyage spatial. Aussi, quand le commandant Mac Bain de la NASA va visiter l'impensable - un cratère lunaire abritant un scaphandre extraterrestre vide, portant sur son plastron des coordonnées stellaires - et qu'il apprend que deux autres artefacts similaires ont été découverts sur Terre et sur Mars, il sait que ses supérieurs ne vont pas tarder à monter une expédition. A ceci près qu'un précédent vaisseau a déjà été envoyé là-bas, dans l'espace profond... et qu'il n'est jamais revenu du voyage. Aussi, la prochaine expédition terrienne dont le commandement va lui être confié sera plus équipée. Mais cela suffira-t-il à déjouer les pièges de la planète Paradis où lui et ses coéquipiers arriveront au terme du voyage ?
L'espace et les mondes étrangers qui s'y trouvent constituent, c'est certain, l'une des ultimes frontières de l'humanité. Traverser le vide - qu'il soit interplanétaire ou a fortiori interstellaire - nécessite une technologie avancée, que l'auteur de ce roman prend soin de rendre efficace mais pas tout à fait satisfaisante, puisque le voyage spatial y semble devoir se faire à une vitesse infra-luminique. Le trajet, long, va donc impliquer un équipement d'hibernation et en tout cas une impossibilité de communiquer avec la base terrestre. La planète Paradis, bientôt rebaptisée Parasite, correspond à une aberration en forme de piège cosmique : un phénomène - qu'il soit naturel ou non - y capture les vaisseaux spatiaux en visite, en draine l'énergie électrique et conduit les naufragés à devoir vivre sans haute technologie dans un environnement primitif mais pas désagréable. On pourra donc dire assez vite que Les enfants de Paradis est une robinsonnade spatiale, dont les enjeux sont la compréhension des mystères de la planète étrangère... et de ses habitants dont certains ne sont pas sans secrets. S'esquisse en réalité, au cours du récit, une véritable écologie à l'échelle de l'Univers et donc un décor éventuel pour d'autres intrigues.

Résumé ainsi, le schéma de ce livre va faire penser à l'un ou l'autre des textes autrefois produits par des auteurs de l'Âge d'Or et d'après : que ce soit en format court - tel que par exemple La nef engloutie de Iain Williamson - ou plus long - et il suffira de citer le nom de Stefan Wul - les textes reprenant cette idée sont nombreux, et l'on pourra de ce fait admettre Les enfants de Paradis comme un hommage à une SF dont la première fonction était celle du sense of wonder.

Si l'on s'en tient à cette approche, il sera possible de lire ce livre avec un certain plaisir, en étant conscient du fait que ce plaisir pourra être amoindri par quelques défauts certes fréquents autrefois mais que la littérature actuelle tend à éliminer. Les rôles féminins sont assez rares dans ce texte, et s'ils ne sont pas caricaturaux il n'en reste pas moins fâcheux que la première femme rencontrée par le lecteur soit presque aussitôt désignée comme étant sans doute la maîtresse du supérieur du personnage principal. En faisant l'effort de passer sur ce premier défaut - lequel peut d'ailleurs être une conséquence de la volonté d'hommage - on pourra en relever un deuxième, qui est lié à l'inscription de ce roman dans une pop culture assez large : de toute évidence, les personnages de ce futur sont amateurs de Star Trek et d'histoires de petits hommes verts - pardon, de petits gris ! Les références faites à la pop culture contribuent à faire sourire le lecteur, sans toujours que leur intérêt intrinsèque ou leur nécessité dans le cadre du roman soient justifiés.

Les enfants de Paradis peut donc se caractériser comme un hommage amoureux à des textes anciens et aux cultures geeks. On ne prétendra pas ici qu'il résume le trajet de son auteur en imaginaire. On dira plutôt que ce texte, malgré ses quelques défauts, n'entrave pas son lecteur dans son voyage et qu'il incite à rêver aux périls et aux possibilités qui nous attendent là-haut...

 

LE CHIEN CRITIQUE
07 novembre 2022

PARFAIT

Il y a quelques jours, je finissais un classique de la SF que je n'avais jamais lu : Rendez-vous avec Rama, d'Arthur C. Clarke. Et c'était plutôt pas mal. Pourquoi je vous raconte ma vie ? Car ce dernier opus d'Arnauld Pontier m'y a fait penser de nombreuses fois et comme il n'y a pas de hasard, il est même cité dans le texte. Mais de quoi parle t-on ? Futur, une armure est découverte dans un cratère sur la lune. Dessus, est inscrit les coordonnées d'une exoplanète...

En SF, nous avons nos ritournelles : la rencontre du troisième type, la terre creuse, les petits hommes gris, les enlèvements, les robinsonnades sur des planètes étrangères, les BDO... L'auteur prend le tout et plus encore pour nous lancer dans une aventure qui m'a mis des étoiles dans les yeux sans faire dans l'esbroufe, le thriller vitaminé où les cliffhanger à foison. Une aventure au goût old school, mais bien dans l'air du temps avec des interrogations actuelles.

Des notes d'humour parsèment avec douceur le texte. L'auteur se paye même le luxe de faire rentrer le tout dans 200 pages alors qu'un vrai écrivain américain en aurait fait trois tomes de 500 pages minimum (aucune allusion à mon Robert. Wilson n'a jamais écrit de trilogie mais un one short suivi d'un diptyque, ce qui est complètement différent). 

En ces temps moroses, ce roman nous conte une aventure utopique et bienveillante en évitant le sirupeux. Moi qui aime le pessimisme, en voilà pour mes frais et j'avoue, sans honte, que j'aimerai bien faire parti de ces reclus de Paradis. Un très bon texte.

Les Enfants de Paradis est un roman d'aventures, empli de positivisme, un conte utopique, un dépaysement divertissant et cela suffit parfois à satisfaire "Les lectures du Maki". "Laird Fumble" en aurais voulu plus, bien plus, sans pour autant ressentir la frustration totale de l’absence d’aboutissement.

 

LES LECTURES DU MAKI
27 octobre 2022

Arnauld Pontier est un auteur que je suis assidûment depuis quelques années. Je l'ai découvert grâce aux Editions 1115, qui ont publié trois de ses novellas, trois titres qui ne peuvent laisser indifférent et que je vous conseille fortement. Aujourd'hui il revient avec Les Enfants de Paradis, un court roman de pure science-fiction publié dans la collection Atlantèis des Editions Ex Aequo.

Près d'une base lunaire russe, la découverte des restes d'un être humanoïde dans une combinaison spatiale va conduire l'humanité à explorer une lointaine planète, nommée Paradis, qui s'avèrera parfaitement adaptée à la vie humaine... mais qui ne laissera que peu de répit au commandant Mac Bain et à son équipe composée de militaires et de scientifiques. Une nouvelle quête commence, où les surprises seront légion !

Avec Les Enfants de Paradis, Arnauld Pontier nous emmène à travers l'espace et le temps. Un petit air de Space Opera pour rejoindre la planète Paradis à quelques années-lumière de notre bonne vieille Terre qui se transforme en Planet Opera le temps de découvrir et d'explorer ce nouveau monde. Voilà pour ce qui est du voyage spatial. Pour le voyage temporel, c'est le lecteur qui fait un bond dans le temps, retour à l'âge d'or de la SF avec un récit d'aventures palpitant, haut en couleur, incluant les différents travers du genre de l'époque. Cette histoire ne brille donc pas par sa crédibilité mais fait la part belle aux péripéties et aux découvertes. On y croisera une foule d'aliens divers et variés, une faune et une flore extraordinaire (au sens premier du terme). On pourra regretter quelques facilités scénaristiques ou des personnages un peu trop caricaturaux. Cependant l'auteur distille savamment les informations pour accrocher le lecteur, créant un suspense et de la curiosité, le tout enrobé d'une bonne couche d'humour et de bienveillance.

Loin de la poésie de Sur Mars, de la mélancolie de Dehors, les Hommes tombent ou des questions métaphysiques de Monsieur MerlinLes Enfants de Paradis est un roman d'aventures, empli de positivisme, un conte utopique, un dépaysement divertissant et cela suffit parfois à satisfaire le lecteur.

LE SYNDROME QUICKSON
24 octobre 2022

Depuis Dehors, les hommes tombent, je suis très curieux du travail d’Arnauld Pontier. Et si je m’étais préparé à continuer d’explorer son travail dans des exemplaires issus des éditions 1115 dont je m’étais porté acquéreur, je ne m’attendais certainement pas à finalement le faire dans ces Enfants de Paradis, généreusement fourni en SP par l’auteur lui-même, me faisant ici un insigne honneur, le genre de plaisir dont je ne me lasse toujours pas.

Et donc, avide de continuer la découverte d’un auteur me semblant fortement compatible avec mes goûts et sensibilités, nous voilà au temps de la chronique. Laquelle va tâcher de vous expliquer que le texte dont il est question aujourd’hui est très chouette, malgré quelques petites choses qui selon moi l’empêchent de réaliser son plein potentiel. Mais demeure que je suis clairement friand du travail d’Arnauld Pontier jusqu’ici, et que je vais continuer à l’explorer à l’avenir.
Mais concentrons nous sur le présent pour le moment, et chroniquons.

Le commandant Mac Bain, après la découverte et l’examen d’un artéfact étrange au sein d’un cratère lunaire, révélant à l’humanité la très forte probabilité d’une vie extra-terrestre, est envoyé en mission internationale à travers les étoiles et le temps pour explorer des coordonnées découlant de cette formidable découverte. Après un long voyage en hyper-sommeil de 20 ans, Mac Bain et ses équipes devront ainsi faire face à d’incroyables révélations impliquant bien plus de questions que ce qu’iels ont jamais osé imaginer.

Une fois n’est pas coutume, je vais plutôt commencer par ce que j’ai trouvé de moins réussi dans ce roman, pour conclure sur une note bien plus positive, correspondant mieux, je pense, à mon ressenti global. Parce que si j’ai effectivement noté des choses perfectibles dans ce roman, j’ai pris du plaisir à le lire avant tout, et ce plaisir, je ne l’ai jamais vraiment boudé. Mon principal grief, ce serait sans doute que ce roman manque d’ampleur. Parce que l’histoire d’Arnauld Pontier, elle est ambitieuse et créative, et il la raconte bien, la conclue d’une façon satisfaisante, mais j’en aurais honnêtement pris bien plus en terme de volume, de chair sur le squelette de l’histoire, ne serait-ce que pour approfondir tous les aspects volontairement laissés en suspens ou superficiellement abordés. Pour le dire vite, c’était, je trouve, bien trop court pour tout ce que ça proposait, trop intense, trop dense. Parce que tout ce roman propose tout plein de jolies petites choses par-ci par-là, démultipliant les questionnements intéressants, les personnages prometteurs et les points d’intrigues qui fonctionnent très bien, alliant de pures émotions et de beaux instants suspendus de sensibilité à de la pure conceptualisation de science-fiction . On a le droit à toutes sortes de vertiges, mais jamais assez longtemps ou avec assez de profondeur à mon goût pour en profiter à fond ou avec suffisamment d’emphase pour tout emmagasiner exhaustivement. J’en aurais voulu plus, bien plus, sans pour autant ressentir la frustration totale de l’absence d’aboutissement.

Parce qu’il faut bien dire que j’ai vraiment aimé la ballade, quand même. Oui, j’ai trouvé la conclusion un peu trop rapide et la place laissée aux non-dits trop importante, mais l’essentiel est là malgré mon pinaillage. Et quel essentiel. Moi qui me plains régulièrement de batailler pour ressentir la moindre émotion en lisant au delà de comprendre l’émotion qu’on attend de moi à la lecture, j’ai à deux reprises eu le plaisir rare de sentir un gros sourire débile se planter sur mon visage. Le truc, c’est bien que le cœur du bouquin est super réussi à mes yeux, me rendant attaché autant que curieux, sans jamais sembler forcer le rythme ni les enjeux. Le point d’orgue étant sans doute la romance annoncée très tôt dans le roman qui m’a vraiment fait peur au départ – à cause notamment du caractère un peu particulier de Mac Bain – mais qui se révèle sans doute son point fort, parce que naturelle, jolie et délicate, offrant au roman ses meilleurs moments à mes yeux. D’autant plus que j’ai plutôt apprécié l’idée d’avoir dans ce roman, un peu comme dans La Controverse de Zara XIII, un personnage masculin – et donc quelque part, son auteur – ayant compris les errements toxiques de son genre sans avoir encore totalement intégré les réflexes nécessaires à leur éradication. J’aime les personnages qui apprennent, qui se savent faillibles et se surveillent, font de leur mieux ; c’est une qualité trop rare en littérature, où les protagonistes sont souvent bien trop lisses ou trop rugueux, avec des défauts ou qualités trop saillant·e·s et unidimensionnelles. Ici, Arnauld Pontier laisse la part belle à la complexité sans perdre en cohérence, tant dans les personnalités distinctes que dans les dynamiques interpersonnelles, et ça m’a plu.

Voilà. C’était un chouette roman. Perfectible, oui, manquant sans doute de volume pour atteindre son plein potentiel à mes yeux, passant trop vite ou superficiellement sur une partie de ses questionnements et de ses idées, mais la base est là, et la base est bonne. Les questions demeurent posées, et elles sont bonnes, bien formulées, avec, je trouve, une certaine élégance. SI j’ai un peu moins été convaincu par ce texte que le précédent de l’auteur, c’est uniquement par la relative faute d’un texte moins bien calibré, mais dont les intentions m’ont parlé. Ç’aurait pu, et ça pourrait être mieux, mais c’était d’abord et avant tout bien.

Chouette, disais-je. J’ai refermé ce livre avec le sourire et l’envie de plus. J’aimerais lire d’autres ouvrages dans l’univers qu’Arnauld Pontier a esquissé ici, et savoir comment tout cela pourrait évoluer. Rendez-vous potentiel est donc pris. Et si ce n’est dans cet univers, ce sera ailleurs : il semble que notre amitié littéraire ne fait que commencer.

 

FACEBOOK

Je viens de le lire. Un bon moment rafraîchissant digne d'un FNA ou d'un Planet Opera de Premier Contact, récit hommage feelgood SF proche d'un roman de Chambers.

Jean Pierre Frey - 8 novembre 2022

 

TWEETER

Ce texte, hommage amoureux à des textes anciens et aux cultures geeks, incite à rêver aux périls et aux possibilités qui nous attendent au fond de l'espace...

Anudar - 09 novembre 2022


MASTODON

"Les Enfants de Paradis propose une aventure dans la veine des romans de l'âge d'or de la science-fiction, tout en portant des interrogations actuelles. L'histoire est remplie de positivisme et est particulièrement dépaysante ; on se prend à rêver qu'un tel voyage soit bientôt possible."

@celindanae - 20 novembre 2022